L’orpheline
Il était 18 heures.
Les heures se sont agglutinées comme un pluriel de possibilités qui défile dans une parade de mensonge. Le sang coule sur ma feuille. Mon sang. Engourdissement de la paresse d’une dizaine d’années.
Une bulle de colère acmé émerge. Abandonner la rhétorique. Devenir soi. Le désir de conquérir le monde n’a point trouvé de cheval. Je suis resté à quai.
J’en suis là. Une existence oisive, sans but, mélancolique et misérable. L’amant d’une main grasse qui s’accroche à moi car la sève ne veut plus d’elle.
L’âtre est fumé, frappé d’une plainte lancinante sourde où se mêlent des brisures abrasives de métal rouillé. La laine de verre bat mes oreilles. L’odeur me poursuit. Elle me convie à une atmosphère teintée de nostalgie, sans mère pour panser les blessures. La tristesse de ce qui a été perdu. La tristesse de ce qui pour l’être. Le bonheur de se sentir toujours vivant. Friable mais entier.
Où retrouver la fusion passée ?
L’orpheline me souffle à l’oreille sa fougère cendrée. Un cycle s’achève. L’acmé résonne