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Auteurs Messages

Jim
Membre
Messages : 1603


Posté à 02h50 le 14 Oct 20

Tout d'abord, de son nez délicat il le flaire.
Le frôle ; puis, à coups de langue très petits,
Il le lampe, et dès lors il est à son affaire ;
Et l'on entend, pendant qu'il boit un clapotis.

Il boit, bougeant la queue, et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu'il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors, il se pourlèche un moment les moustaches
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini ;
Et, comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
Il relustre avec soin son pelage terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Edmond Rostand, Les Musardines, Le petit chat, 1911.



Ce message a été édité - le 14-10-2020 à 02:53 par Jim


Saintes
Membre
Messages : 1280


Posté à 06h55 le 14 Oct 20

C'est savoureux !


Pierre
Modérateur
Messages : 6444


Posté à 09h40 le 14 Oct 20

Et puis comme la plupart des "grands" que j'aime c'est "simple".

Il y a des "grands" que j'aime, qui sont compliqués et qui pourtant ont des mots "simples"

C'est toujours beau quand on comprend à travers, quand l'apparence simple du mot nous le fait franchir pour aller de l'autre côté, quand le poète nous fait voir ces espaces nouveaux de compréhension autre.

tenez, par exemple, de Bonnefoy:


Vrai nom

Je nommerai désert ce château que tu fus,
Nuit cette voix, absence ton visage,
Et quand tu tomberas dans la terre stérile
Je nommerai néant l’éclair qui t’a porté.

Mourir est un pays que tu aimais. Je viens
Mais éternellement par tes sombres chemins.
Je détruis ton désir, ta forme, ta mémoire,
Je suis ton ennemi qui n’aura de pitié.

Je te nommerai guerre et je prendrai
Sur toi les libertés de la guerre et j’aurai
Dans mes mains ton visage obscur et traversé,
Dans mon cœur ce pays qu’illumine l’orage.

La lumière profonde a besoin pour paraître
D’une terre rouée et craquante de nuit.
C’est d’un bois ténébreux que la flamme s’exalte.
Un inerte rivage au-delà de tout chant

Il te faudra franchir la mort pour que tu vives,
La plus pure présence est un sang répandu.


Oxalys
Modérateur
Messages : 2444


Posté à 22h10 le 15 Oct 20

Savoureux certes, mais c'est la version "lait écrémé"

La version au lait entier s'appelle "Le petit chat" - Elle est visible ici :

Lien internet

Salut clindoeil


Arcane
Membre
Messages : 863


Posté à 09h16 le 16 Oct 20

Votre duel amical de chatons
Poète et poétesse de savoir,
Sourire et bonheur me font
en ces jours sombres et noirs.

Rostand à lire et relire de tout temps ! Merci :)


Laugierandre
Membre
Messages : 1565


Posté à 11h54 le 16 Oct 20


Le fromage c'est bien l'âge adulte du lait ;
Et il a eu du nez d'écrire ce poème,
Le brave Edmond Rostand, louant le lait au lai.
On boit du petit- lait, le verbe étant la crème.


Mdr


Machajol
Membre
Messages : 3579


Posté à 07h31 le 20 Oct 20

On s'en pourlèche les babines, ici !

Vive les chats ! miaou clindoeil

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