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Auteurs Messages

Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 17h55 le 20 Nov 20




Des forêts aux glaciers, lacs, torrents et alpages,
Combes et hauts plateaux dans leur plus bel écrin,
Que de charmes gravés, séculaires messages,
Invitent mes regards et mon cœur pèlerin.

Au plus profond du breuil les souffles attiédis
S’infiltrent persistants aux vapeurs matinales,
Quand tout prend mouvement sous les cieux engourdis
Dans l’azur dilaté aux senteurs virginales.

La nature respire aux doux chants bucoliques,
Et, dans la frondaison qui reprend ses couleurs,
Déjà les bruits furtifs sont des échos magiques
Réveillant au discret leurs murmures charmeurs.

Sous le cil des sapins qui s’entrouvre aux lumières,
Et sous l’œil évasif des premiers mousserons,
La rosée traîne encore, images familières,
Qui dans le point du jour brille aux premiers rayons.

ANDRÉ


Pierre
Modérateur
Messages : 6495


Posté à 18h11 le 20 Nov 20

Que c'est joliment tourné!

Un bémol pour l'assemblage nature/respire avec ses re qui rompt un peu la musique me semble t-il.


Kerdrel
Membre
Messages : 749


Posté à 19h09 le 20 Nov 20

c'est beau comme la chanson
de Jean Ferrat :

Pourtant que la montagne est belle Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Coucou Coucou Coucou

Salut


Loren
Membre
Messages : 44


Posté à 19h29 le 20 Nov 20

Bonsoir Laugierandré
Le charme des mots s'allie au charme du paysage comme toujours.
Bonne soirée.


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 19h42 le 20 Nov 20


Bonsoir PIERRE,

Je te remercie pour ton partage ainsi que cette cordiale appréciation.

Tu sais, nous utilisons TOUS, en poésie, d'une manière plus ou moins consciente, les assonances et les allitérations. Tu l'emploies, toi-même, dans ton poème "HORIZON" dans ce vers :

Comme il est beau ce regard gris.

Ça ne m'a absolument pas choqué phonétiquement, car la répétition de phonèmes consonantiques soulignent par le "rappel phonique" l'importance d'un assemblage de mots grâce à cette fonction rythmique.

On retrouve, par ailleurs, de nombreuses allitérations dans les citations et les proverbes :

Qui dort dîne.
Qui se ressemble s'assemble
À bon chat bon rat.


Je pense que le jeu (car il s'agit d'un jeu de style), est d'autant plus efficace qu'il reste subtil. Le poète dispose ainsi de "points d'appui" des vers, comme dans cet exemple superbe de MALLARMÉ :

Le jonc vaste et jumeau dont vers l'azur on joue.

"L'après-midi d'un faune, 1876


Bien entendu, chacun est libre d'avoir une opinion différente, mais je crois que l’assonance et l'allitération sont des composants essentiels de la versification.

Très bon week-end, PIERRE.

Ma bien chaleureuse Amitié et considération.

ANDRÉ

Salut Salut Salut



Ce message a été édité - le 20-11-2020 à 19:45 par Laugierandre


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 19h53 le 20 Nov 20


Bonsoir KERDREL,

C'est le plus beau compliment que tu puisses m'adresser. Bien entendu j'ai bien conscience de ne point avoir la dimension de l'Immense Jean FERRAT, mais ma satisfaction est grande pour la comparaison, et de savoir que tu as apprécié cette petite escapade bucolique.

UN GRAND MERCI.

Excellent week-end, KERDREL, et ma très chaleureuse Amitié de plume.

ANDRÉ

Salut Salut Salut



Ce message a été édité - le 20-11-2020 à 19:55 par Laugierandre


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 22h00 le 20 Nov 20


Bonsoir, LOREN,

Voilà des compliments qui vont droits au cœur. J'essaie de traduire mes ressentis sans tarabiscoter mes sentiments. Tous mes poèmes sur la Nature sont issus de souvenirs lors de mes randonnées ou courses en montagne. Les métaphores et les images sont d'une grande importance dans la description des paysages.

MERCI BEAUCOUP pour ces mots de gentillesse, d'appréciation et de partage.

Excellente soirée et un beau week-end, LOREN.

ANDRÉ

Salut Salut Salut


Arcane
Membre
Messages : 1058


Posté à 10h02 le 21 Nov 20

Je ne jouerai pas les professeurs
Jamais ,que cela ne me convienne,
Cependant interdite, je demeure
Du Mariage des phrases aériennes
Avec l'illustration du bonheur !

Bravo ANDRE, je reste sur un nuage d'admiration ! :) Salut et à bientôt, en bourgogne sur les côteaux clindoeil



Ce message a été édité - le 21-11-2020 à 10:03 par Arcane


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 10h58 le 21 Nov 20


Bonjour ARCANE,

Tu as raison, la poésie est autodidacte, et son rôle est de transcrire les émotions telles que nous les éprouvons. Seule l'expérience est un professeur qui nous fait passer l'examen, en quelque sorte, avant de nous expliquer la leçon. C'est de là qu'elle tire sa substance.

Je pense que la posture poétique repose sur une humilité ressentie comme nécessaire à l’avènement de la parole par le sujet. Restons naturels, et donnons des images et du sentiment à nos écrits. En poésie, on inculque pas un savoir, on offre simplement ce que l'on sait.

UN GRAND MERCI pour ton bien aimable quatrain d'estime et d'Amitié, ARCANE.

Puissé-je ne jamais te décevoir dans mes écrits bucoliques.

Excellent week-end et de GROS BISOUS marseillais.

ANDRÉ

Salut Salut Salut


Tonindulot
Membre
Messages : 2551


Posté à 13h46 le 21 Nov 20

Après midi d’automne

Bien souvent j’ai conté les états de mon âme
En allant jusqu’au tertre assouvir un besoin.
Aujourd’hui c’est l’automne, en retour, qui réclame
Une place en mon cœur, dans un petit recoin.

Je laisse aller mes yeux vers ce vaste horizon,
Respirant ce pays et sa rase campagne.
Quelques feuilles tombées recouvrent le gazon
Que je dois libérer du tapis qui le gagne.

Les couleurs enflammées de ces feux cheveux d’arbre
Colorent tout le parc où des merles gratouillent.
Leur ballet acharné me laisse peu de marbre
Car j’aime ces oiseaux qui, sans cesse, farfouillent.

Quand au loin le clocher vient sonner l’angélus
Il est temps de cesser les travaux de la terre.
Alors le laboureur, ne changeant rien à l’us,
Aux pas lents de ses bœufs s’en revient sans mystère.

Là-bas, dans sa chaumière on allume dans l’âtre
Un bon feu de genièvre issu de quelques chants.
Et je sens, d’où je suis, que ces lieux sont théâtre
Où mijote une soupe aux fumets alléchants.

Semblant se résigner, le soleil en sa fuite
S’en va de son allure embrasser l’horizon.
Je quitte ce tableau d’une prompte conduite
Afin de regagner plus vite ma maison.




Ce message a été édité - le 22-11-2020 à 13:39 par Tonindulot


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 18h38 le 21 Nov 20


Un bel écho pastoral à mon "Automne en montagne", et qui s'intègre totalement à la représentation de ces paysages au charme exceptionnel.

On s'y croirait, TONIN, tant tu prends soin, toi aussi, du côté descriptif, à t'attarder sur ces feuilles dorées et rougeoyantes, qui jonchent le sol, formant des paysages à couper le souffle.

Les couleurs enflammées de ces feux cheveux d’arbre...


Il faut dire que cette période nous gratifie de magnifiques couleurs, et que tu en restitues fidèlement le tableau.

Coucou Coucou Coucou

Belle soirée à toi dans ce grandiose environnement.

ANDRÉ

Salut Salut Salut


Ottomar
Membre
Messages : 1066


Posté à 11h44 le 22 Nov 20

Totalement romantique. Me fait penser à Lamartine dans les Méditations poétiques. Salut


Laugierandre
Membre
Messages : 1784


Posté à 12h36 le 22 Nov 20


Bonjour OTTOMAR,

La comparaison est avantageuse. J'aimerais bien posséder ce souffle de notre illustre poète romantique. Je ne suis qu'un disciple et fervent admirateur de LAMARTINE.

Cependant, en fidèle adorateur de la Nature, je m'efforce d'extérioriser le plus possible mes sentiments et de donner des "images", dans mes poèmes bucoliques, afin de "communiquer" ces moments d'exception au contact des paysages.

C'est un très grand honneur que de recevoir des compliments, OTTOMAR.

MILLE MERCIS !

Excellent dimanche.

ANDRÉ

Salut Salut Salut


Machajol
Membre
Messages : 3736


Posté à 15h11 le 22 Nov 20

"Sous le cil des sapins" …

Magnifique et le poème autant bien sûr, merci pour ces mots si beaux à partager ici, André ! Salut


Tonindulot
Membre
Messages : 2551


Posté à 15h22 le 22 Nov 20

L’été s’en va, vive l’automne

L’été qui part s’en va sans peine,
Laissant aux gens le souvenir
D’un soleil haut chauffant la scène.

La feuille ocrée orne le chêne
Qui, sans muer, se voit jaunir.
L’été qui part s’en va sans peine.

Or dans la vigne on se déchaîne,
On se dévêt pour mieux brunir
D’un soleil haut chauffant la scène.

Le tourd gavé parcourt l’arène
Visant les grains sans s’abstenir ;
L’été qui part s’en va sans peine.

Et les enfants, sans perdre haleine,
Font leur chemin pour s’enquérir
D’un soleil haut chauffant la scène.

Comme à Paris coule la Seine
Ici c’est l’or qui va s’enfuir.
L’été qui part s’en va sans peine,
D’un soleil haut chauffant la scène.

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