Hommage à Christian Bobin

Par : Machajol
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Machajol

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Grand poète écrivain disparu ce 24 novembre 2022


Une lumière enfin
Une si noble fin
Il laisse un bel ouvrage
Une oeuvre sans embage
Où la lumière nait
Des plus simples sentiers
Des mots si poétiques
Sur un chemin de vie
Tracé à l'infini
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Tigrou

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"Ce qui ne peut danser au bord des lèvres s'en va hurler au fond de l'âme".

"Ce n'est pas sa beauté, sa force, son esprit que j'aime chez une personne, mais l'intelligence du lien qu'elle a su nouer avec la vie".
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Vie

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Ecrire (texte que j'ai écrit il y a des années..)

« Écrire, c'est faire retentir sur la neige chaque pas de l'ange. Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour. »

Aperçu, sans hasard, du résumé d’un livre « La part manquante » de Christian Bobin

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Bobin

Voilà une phrase qui met en exergue mon désir d’écrire...
 

Longtemps je me suis demandée d’où me venait ce besoin fou, impromptu, profondément récurant de déballer mon excédant mot, pensée...


J’y ai accroché très souvent une kyrielle, une trop longue suite, d’adjectifs, de faits heureux, douloureux, quelquefois niais, d’autres fois travestis en mensonges d’amour, en larmes dérisoires ou étouffées, pour un jour m’entendre penser, hurler à sceau secret, aux travers d’un texte long sur un forum de poésie : « mais oui! bien sûr !!! La part manquante… ma part manquante ! »

Dès lors, comment expliquer ce subit sursaut, en éclair jouissif, dans les méandres de mon tréfonds ? Comment expliquer, aussi, mes associations d’idées, de mots, au nom de Christain Bobin n’ayant aucun souvenir de lecture se rapportant aux œuvres de cet auteur ?

Etrange cette sensation de ne pas arriver à retracer, dans l’immédiat, ce chemin vers l’éveil du sens. Mais forte heureusement « l’outil internet » et ma curiosité infantile, qui n’a de cesse de me rappeler le malaise oppressant de l’oubli, m’ont extirpée du passage vagal.

En un clic je découvre, non ! Je redécouvre une image, une image qui m’avait interpellée voilà bien des années, une image qui s’est glissée dans un coin plaisir, un coin beauté, à l’abri dans mon esprit titubant, hésitant, sur la voie d’une course insatisfaite à quêter de douceur salutaire.

https://www.babelio.com/livres/Bobin-La-part-manquante/11656

N’est-elle pas subjective cette image ? N’est-elle pas ouverture à l’émotion, au regard introspectif ?

Faut-il qu’elle m’ait plu pour la garder, ainsi des années durant, si précieusement enfouie dans ma caboche paresseuse.

En attendant de lire ce livre, peut-être… un jour venu, quand je ne serai plus captive… prisonnière de sa couverture, si douce, si agréable en mon âme singulière, j’oserai comme une évidence, enfin, tournée sa première page et m’y repentir de mes faiblesses à ne savoir, que trop souvent, je ne sais saisir l’instant présent…

 
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Serona

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Merci beaucoup Macha d'avoir ouvert ce topic pour la disparition d'un auteur dont les écrits étaient empreints d'une telle douceur et d'une telle simplicité.

Entre ma vie et ma mort, une simple cloison de papier. Je t'entends marcher derrière.

La lenteur de ton pas est la vitesse de la beauté. Celui qui l'entend a des oreilles de cristal, et il est aussi seul que toi.

(extrait de la Présence pure et autres textes)
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Machajol

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Merci à vous trois pour vos participations ! 👋
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Michèle Corti

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Merci Macha !
J’espère que l’on parlera de lui à La grande librairie.
Un poète que j’adore, humble et lumineux .
Je suis en train de lire «  La nuit du coeur »
Où il parle de l’église de Conques en Aveyron
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Capucine

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Merci Machajol, cela me fait de la peine ,j'adorais toute sa philosophie qui m'a suivie pendant un temps , c'est bien de lui rendre hommage.
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Michèle Corti

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« « Votre lettre est là, sur le bord d’un buffet de cuisine. Elle attend. Depuis bientôt une semaine, elle attend ma réponse. Une petite femme d’encre, modeste, avec sa jupe un peu froissée, ses phrases croisées sur les genoux. »

Christian Bobin Éloge du rien
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Michèle Corti

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Ce jeudi 20 janvier à Nice


Christian Bobin à l’honneur du prochain « Jeudi des mots »
2023Annonce d'événements, Info, Littérature, Littérature française, Période contemporaine (Fin XXe et XXIe siècles), Poésie, Un poète contemporainBéatrice Bonhomme, Chez Pauline, Christian Bobin, douceur, jeudi des mots, lyrisme, Marilyne Bertoncini, Nice, nouveau lyrisme, poète contemporain, poésie, poésie contemporaine, simplicité, Université de Nice
Né en 1951, Christian Bobin est décédé en novembre dernier à l’âge de 71 ans. Il laisse une œuvre conséquente, riche d’une soixantaine de romans et essais, et d’une dizaine de recueils poétiques, parus entre 1986 et 2022.


Christian Bobin
(Wikipédia)
Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire de près Bobin. Si je vous parle de lui, c’est que le prochain « Jeudi des mots », organisé à Nice par la poète Marilyne Bertoncini, lui sera consacré. Quelques mots, donc, pour vous présenter rapidement ce poète, histoire de situer l’œuvre qui sera présentée vendredi prochain, au café « Chez Pauline ».

Christian Bobin m’a été présenté à la fac comme un poète de la simplicité, de la limpidité, de la transparence. Béatrice Bonhomme, dans son cours de Master II sur la poésie contemporaine, a précisé que ses poèmes ne comportent pas de mots difficiles, et sont d’une douceur désarmante, si bien que certains ont pu parfois lui reprocher une forme de mièvrerie. Dans ses poèmes, il chante le bonheur d’un beau jour, d’un soir qui finit, avec une façon de cueillir l’instant qui évoque la sagesse épicurienne. « La douceur d’aujourd’hui a écrit quelques pages, il ne reste plus qu’à les recopier. »

Toujours d’après mes notes de cours, Christian Bobin affectionne les phrases simples, au présent de l’indicatif, qui résonnent un peu comme des aphorismes. Avec des textes qui chantent l’amour, la tendresse, la joie simple, l’écriture, Christian Bobin prend le contre-pied des décennies précédentes, marquées par un textualisme parfois trop alambiqué, et s’inscrit résolument parmi les poètes néo-lyriques des années quatre-vingts. Si le poète possède, au départ, une formation philosophique, il s’en détourne au profit d’une écriture de la simplicité.

« Une intelligence sans bonté est comme un costume de soie porté par un cadavre. »

(Ressusciter, 2001, p. 21)

Cette simplicité a permis au poète de rencontrer un public plus large, avec des ventes qui, toujours selon Béatrice Bonhomme, se sont parfois approchées des tirages d’un roman. Dans Une petite robe simple, il raconte des histoires simples dans des textes de prose poétique. Béatrice Bonhomme va jusqu’à parler d’un « phénomène Bobin ». Son anti-intellectualisme le pousse à écrire sur la douceur du monde.

« Vous faites une promenade dans la neige. C’est la première neige de l’année. C’est comme chaque fois la première neige de votre vie. Elle est légère comme l’esprit. Elle est claire comme l’enfance. Elle est blanche, toute blanche comme l’esprit de l’enfance. Elle recouvre la pensée. Elle éclaire le cœur. Elle est votre vie blanche. Elle est votre seule vie, que vous ne vivez pas. »

(La Part manquante, 2007, p. 75)