Regard sur les os de la vie
Le ciel est blanc face à l'Océan pâle
Tout constellé d'une neige d'écume
Et sur la plage immense, jaune clair,
Maint blockhaus et des troncs gris, décharnés,
Sèchent dans l'air que le soleil empale.
Ciselé de sel, l'art de chaque grume,
Strige rêche, âpre engeance de la mer,
Semble d'un sculpteur fou, d'esprits charmés
Par la démesure au pouvoir aride
Reproduisant sa féerie infinie
En serpentant le long du littoral
Que tant d'eau lèche et que le sable ceint
De son grand col dont le galon s'effrite...
La vague monte à la rive bénie,
Sa lèvre épouse, en un coït oral,
Ininterrompu, le sol sacro-saint.
Magie amère, en sa cosmique essence,
Elle mélange, amenant à la vie
L'esprit liquide à l'immense mouvoir
Dont le pouvoir préside au sort des dieux ;
Elle mélange ! et crée avec aisance.
Et comme au hasard le hasard se fie,
L'occurrence infime est ce qu'on peut voir
De plus sacré que le puissent nos yeux :
Océan ! Alchimie et quintessence