N’être qu’arbre
et jaillir
des viscères de la terre,
dans mes doigts dans mes tiges
cette sève qui rampe au secret de ma chair
cette sève qui lève
tous mes sexes fibreux dont je crève le ciel,
Arbre naître et bondir
à l’assaut de l’azur,
toutes branches écartées,
au printemps ruisselant
dans les fientes d’oiseaux et les glaviots de l’aube,
quand la nuit tousse encore
ses chimères de brouillard,
M’engrosser voluptueux
des saillies du soleil,
la cime ahurie de lumière,
et mes feuilles gavées des luisances
dans l’odeur des midis ,
jusqu’au soir où féroce mon ombre s’étend
sur la forêt soumise,
Tissé de patience et d’écorce,
ma surface plissée comme une eau qu’on effraie,
des racines pétrir le silence et les tourbes,
emmêler mon destin aux glus de mon sang vert
et quand vient le temps des loups,
tout au fond de mon torse
dormir énormément.