J'avais un mot, je l’ai perdu.
Joli mot doux, vilain mot cru,
Valait pas cher, mais je l'aimais,
l'ayant cueilli un soir de mai
Dans un poème à M’sieur Hugo.
J' suis un benêt, un vrai nigaud,
Un rimailleur bien trop distrait,
Perdant ses vers et virelais.
Dans ma caboche y a trop de mots
Plus turbulents que des marmots,
Me taquinant dans mon sommeil,
Se débinant dès le réveil.
Reviens, le mot, reviens !
Je te ferai de belles phrases.
des ritournelles sans emphase.
Reviens parmi les tiens !
J’avais un mot, il s’est barré !
C’était un beau tout bigarré,
Comme on les aime en poésie.
L'aurait rimé à frénésie,
À facétie, turlututu,
Peut-être même à rien du tu.
Reviens le mot, reviens !
Je t'écrirai un beau poème.
Tu mèneras vie de bohème.
Mais reviens, nom d’un chien !
Par le chemin des écoliers,
Il a quitté mon vieux cahier
Pour repartir chez M'sieur Hugo.
Les mots aussi ont leur ego :
Se méfiant du qu’en dira-t-on,
Ils fuient les vers de mirliton.
Ce message a été édité - le 20-11-2024 à 10:14 par Hellian