Je ne l'ai pas vécu mais travail de mémoire
je sais mes grands-parents avoir souffert cela
de n'être nulle part chez soi Craindre le soir
que nul soleil dans le matin n’étincelât
On ne me fera plus ce qu'à d'autres j'impose
Un grand frère me couvre Il avance son pied
Au plus loin de chez lui discrètement il ose
le vieil ours des forêts de chez moi épier
Celui qui me résiste est mon souffre-douleur
L'obstacle face à moi n'est digne d'aucun pleur
Je ne vois dans ses yeux nulle image d'un frère
tout juste un animal qui bouche mon chemin
On doit dans mes discours entendre le contraire
du bien que je réclame et que j'ôte des mains
"tout juste un animal qui bouche mon chemin"
Je m'imagine mieux dans la peau de la victime que dans celle du tueur. Mais c'est sans doute un tort pour qui veut sauver sa peau !
Salus, Arielle, un poète, un romancier, tout comme un comédien, avec les personnages qu'il joue, est comme un gant qui peut être investi par des mains très diverses. Cette main peut même parfois être un "je" collectif.