Sonnet de caillera

Par : Pierre Lamy
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Pierre Lamy

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Je fais souvent ce rêve étrange et langoureux
D’une femme aux yeux verts qui aime qu’on l’honore,
Mais qui, bibliquement, ne connut qu’un seul homme,
Un soir de février, sur un malentendu.

La belle me comprend. Quand mon cœur si fragile
Palpite intensément sous mon sein pâlichon
Elle sait d’un baiser m’éviter l’infarctus.
Émoustillé, le sang change illico de zone.

Et dans l’évènement, je me suis éveillé.
Son nom ? Je me souviens qu’il est sonore et doux,
Genre Madame Agnès, ou peut-être Nicole.

Elle a le teint créole et de longs cheveux noirs
Et, dans sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères aux cailleras.


Pardon Verlaine, pour cet impair.
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Jim

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Je ne peux qu'applaudir à cette adaptation qui si bien conserve rythme et rimes - en savoureuses citations - de l'original! Nul doute que l'auteur dans sa tombe s'est retourné d'agréable étonnement! 😊 😊 😊
Ce poème de Verlaine est l'unique que je sache par cœur sans l'avoir jamais appris dans ce but, tant il est d'évidence. Sans doute mon préféré de toute notre littérature.
Manifestement, le verlan possède bien de charmes.



Ce message a été édité - le 27-06-2025 à 16:29 par Jim
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Pierre Lamy

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Merci Jim

👋
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Jim

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Au fait, question saugrenue : de quoi Verlaine est-il l'envers ? 👋
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Pierre Lamy

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Il y a comme un petit air de Gérard de Verlan dans ce sonnet de Len'ver
😊
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Jim

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Belle lestitude d'esprit, cher ami ! 😊
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Manon

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Un poème savoureux, c'est super !

Manon
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Arielle

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Un p'tit remake que Verlaine voudra bien me pardonner :

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant :
Ne s'embarrassant pas de langoureux "je t'aime"
un beau mâle inconnu surgi de la nuit blême
me sourit enjôleur, dans l'ombre me surprend.

Quelquefois dans mon lit mais il est plus courant
qu'il m'entraîne avec lui par quelque stratagème
dans de glauques étreintes où, n'étant plus moi-même,
je m'abandonne aux bras de celui qui me prend

sous un porche voûté, en quelque corridor
mon plaisir décuplé par ce louche décor
je tombe sans remords de Charybde en Scylla

oubliant sous l'averse insane des mots crus
et les coup de boutoir de mon bel Attila
l'inflexion des voix chères qui se sont tues




Ce message a été édité - le 28-06-2025 à 10:40 par Arielle
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Pierre Lamy

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Merci Manon ton avis est très encourageant.

Arielle, ton pastiche aurait enchanté ce vieux cochon de Verlaine.

C'est mon premier sonnet sans rime. J'ai tout de même veillé à la métrique et à l'alternance F/M.

👋



Ce message a été édité - le 29-06-2025 à 10:52 par PierreLamy