Poème fixement méditatif : Cogitations

Par : Salus
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Salus

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Cogitations



Soleil doré des si brèves jeunesses,
Plongeant toujours plus bas vers l'horizon,
Je te regarde ainsi qu'en sa prison
Le vieux forçat se grise d'une tresse

Blonde passant, même loin du cachot,
Inconsciente, étrangère à la peine,
Mais ravivant le sang, dans chaque veine
De ce cœur gourd soudain devenu chaud...

Affreux destin, hors des terres promises,
Vampire avide à boire tout le suc
De l'existence, aux soifs d'un temps caduc,
Horrible Parque ! O toi qui t'éternises

Dans l'habitude énorme de la mort,
Où le futur, dont le passé sommeille,
N'est qu'une boucle immanente et vermeille,
Conclue au sang d'où le vain flux s'endort...

Combien ce Dieu, terne et vague trouée,
Est haïssable ! Au ciel trop vaste - et noir.
Palliatif ! hochet du désespoir,
Grinçant d'un râle inepte, alse enrouée

Qui crie et siffle un affreux lendemain
Dont toute absence est l'impasse fatale :
Disparition ! dans la grande Onde étale
Que je devine aux lignes de ma main...

Et ! beau Présent, j'ignore être où tu brûles,
Et mon émoi, comme l'étoile en feu,
Fluctue et change, hydrogène, le jeu
De chaque atome, inscrivant sur ma toile

Un peu d’hélium, et du rayonnement
Dans l'infini mesuré de l'espace
Où, dérisoire oratorien, je passe,
Lâchant mes vers méditativement...



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Arielle

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Ah" le futur, dont le passé sommeille,"
noyons son feu avant qu'il nous balaye,
endormons-le dans le jus de la treille
à la santé des vieux et de leurs vieilles !
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Pierre Lamy

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Vers après vers, l’aède se consume
Et s’affranchit à l’approche du port.
Forts bien tournés, d’une élégante plume,
Ils sont trop cool ses quatrains sur la mort.
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Salus

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Arielle :

J'aime être bu, mais ça fait une paye
Que j'ai plus fait fermenter la papaye
Pour que son jus délicieux nous égaye
Et nous incite à foutre la pagaille !

Pierre :

En attendant, il nous faut être anthume ;
Nous verrons le nuage de Oort
Après avoir avalé notre enclume ;
- Place au spectacle ! aurait dit Guy Debord.