Le kig-ha-farz

Par : Pierre Lamy
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Pierre Lamy

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Je n’ai jamais aimé les madeleines ou autres pâtisseries. Même loupiot. Certes le caramel et le far aux pruneaux échappaient à cette aversion qui frisait l’anormalité. Mais pas au point de déclencher la machine à souvenirs. En revanche, comme la madeleine sur celui de Proust, la seule odeur du kig-ha-farz a sur mon inconscient des vertus magiques.

Le voyage dans le temps se précise dès la première bouchée. Je me retrouve à Kerfelgar, dans la ferme de Prosper et Francine, les cousins de maman qui nous accueillent depuis que Brest est bombardée. La salle commune sent en permanence cette robuste variante de la potée, devenue le plat emblématique des gens du Nord-Finitère.
J’ai trois ans. Je dors avec Alfred, qui en a largement quatre, dans un lit-clos près de la cheminée. Une nuit, dans son sommeil il m’a heurté le pif. Qui depuis est un peu de traviole. Dans la journée, ses grandes sœurs me hissent sur un cheval qui me semble gigantesque.

Dès la libération nous rentrerons à Lambézellec dans le char-à-banc de Prosper. L’église est en ruines, comme la plupart des maisons du bourg. Mais notre vieil immeuble de la Rue Robespierre est encore debout. Juste à côté il y a une fête et la sono diffuse en boucle “C’est une fleur de Paris”.

Maintenant que j’y pense, ce week-end je me m’offrirais bien un bon kig-ha-farz. Et si le fantôme de Marcel Proust s’invite, on lui proposera des madeleines.

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Sylvain2023

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Jolie madeleine.

J'adore lire ce genre de textes;ça me fait quelque chose à chaque fois.

Et puis, cela m'a fait penser aussi que j'ai 3 gros os à moelle dans mon frigo que je vais m'empresser de cuisiner dans un bon bouillon. Ça sur un bonne tranche de pain avec quelques grains de sel et un bon verre de vin.

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Arielle

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Une belle évocation des joies simples de l'enfance dont la saveur du kig-ha-farz n'est pas des moindres !
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Miouz

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Il y a du Pierre Jakez Hélias dans cet attendrissant vécu d'enfant breton.

pas sûre de l'orthographe et du nom exact de l'auteur du Cheval d'orgueil, si je ne m'abuse

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Adamantin

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Votre texte me fait découvrir ce plat breton et m'éveille les papilles. Si j'ai la joie d'y goûter un jour, je penserai à vous !
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Assonance

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Je ne sais pas si la situation est fictive ou autobiographique mais l'ambiance est bien rendue.
On entend bien le ton propre à l'enfance d'antan.

Je ne connais pas non plus cette spécialité bretonne mais cela donne envie de goûter si cela nous fait voyager dans le temps. : )

Bon dimanche Pierre.
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Pierre Lamy

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Ce texte n'est nullement fictif
Je suis né à Lambézellec en 1941, peu avant que la population civile soit "invitée" à se réfugier à la campagne.
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Lau

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Extra ! très évocateur. Le lit-clos, faut pas être claustro...
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Pierre Lamy

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Cela permettait de dormir dans la salle commune
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Lau

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Oui, mon grand-père (d'Inzinzac) dormait là-dedans.
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Pierre Lamy

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Si j'en crois les sous-entendus de mes parents ils l'auraient essayé en plein jour
Pour le fun