Rouler en fin de nuit, quitter la ville obscure
Voir l’aube sortir des draps, s’enflammer l’horizon
Arriver au départ, s’équiper dans l’air pur
Commencer la montée, dominer les maisons.
Écouter le silence, s’élever lentement
Faire attention aux pas, trébucher quelquefois
Progresser sans à-coups, s’essouffler par moments
Se poser un instant, douter un peu de soi.
Repartir d’un bon pied, s’abreuver de bonheur
Chercher le bon chemin, gravir la pente rude
Frissonner sur l’arête, maîtriser ses frayeurs
Atteindre le sommet, s’enivrer d’altitude.
S’éloigner à regret, se fondre dans le temps,
Délaisser les rochers, aborder la descente
Oublier la distance, profiter de l’instant
Terminer la rando, penser à la suivante.
Rentrer courbaturé, se jeter sous la douche
Se délasser sous l’eau, essuyer les douleurs
Enlacer l’édredon, appesantir la couche
Tomber dans le sommeil, rêvasser des hauteurs.