Les sources taries

Par : Salus
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Salus

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Les sources taries



Dans sa fadeur tranquille, un automne attiédi
Coulait sa longue plage au morne après-midi,
N'argüant d'aucun froid, novembre finissant
Faisait chaque jour plus l'hiver évanescent ;

Tout grillait, noir et sec comme le cœur de l'homme !
C'était, je crois, deux mille seize, hier en somme.
- Si tôt, c'était le four ! Voyons ce que ça donne,
Lorsqu'au soir d’aujourd’hui bout un peu plus Sodome !

Déjà bougé dès lors, le cran du grand curseur !
Et la Vouivre (et consorts), dont la Camarde est sœur,
Est penchée au chevet d'une Gaïa haïe,
Par tant de maux humains à jamais assaillie !

A l'époque on eût dit un éternel confort ;
Plus de feu, pas de bois, pas de gel, rien ne dort,
Désormais sentez-vous le souffle de la mort ?
Et ce gouffre immanent dont nul croc ne démord !

Abreuvez-vous ici d'un peu de poésie,
Eau fraîche pour l'esprit dès lors qu'elle est saisie...
O vous ! générations futures assoiffées,
N’omettez pas de boire à la source des fées.
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Machajol

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Magnifique poème, bravo Salus !
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Lau

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Une annonciation ? Fût-ce celle d'un faune,
Nous souffle une torpeur et fait qu'après minuit,
L'on se sent tout gonflés de rage et comme à l'aune
D'une humeur qu'on vécut libre bien qu'on la fuît.


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Salus

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Généreuse appréciation, merci Machajol !


Lau :

Captifs de nos erreurs comme oiseaux dans leur fuie
Nous errons dans la nuit ; l'effarement du faon
Ou la morne langueur de celui qui s'ennuie
N'atténueront pas le retour du bâton : - Vlan !
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Jim

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Ton dernier vers, Salus, est sublime !
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Lau

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Salus,

Irrémédiable sort ; on ne peut être aphone
Ni regarder, passif, l'esprit qui s'amuït
Mais se jeter aux vers et tel un ultime homme
Siffler un trille, un joli son puis filer : - Pfuit !
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Salus

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Merci Jim !
(Le désir s'accroit quand les fées se reculent)

Lau :

Synapses et mémoire où le cerveau s'appuie,
La langue, qu'elle soit en fait chinoise ou fon,
Exsude de l'azur une alarme enfouie
Dont le ton fait penser à ce son premier : Om.
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Lau

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Original poème -originelle pomme- ?
Le traquer, s'y bercer, ma foi, rien ne nous nuit
Quand, par synesthésie, un nouvel autre arôme
Nous vient au nez, que la rime à la faim dit : - cuit !
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Salus

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Le son de ta cymbale et celui de ton tom
Résonnent dans l'oreille, harmonie inouïe
Qu'on pourrait croire issue, ainsi, du peuple Rom
Dont la musique plut dès qu'elle s'était bruie.
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Madykissine

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Quelle beauté... J'y reviens
Et combien j'y pensais ce matin à la ré-écoute sur fr culture, à 5h26... de la rediffusion des nuits de fr culture : l'émission est consacrée à Garcia Lorca, poète et musicien ou musicien et poète... assassiné, faut-il le rappeler, en 1936.
garcia lorca poète musicien
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Salus

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Vous faites bien de le rappeler, assassiné par les fascistes ; hélas et pour ma part, je ne maîtrise assez l'espagnol que pour en deviner le génie ; et les traductions, en poésie, sont presque toujours insuffisantes.
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Lau

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Salus,

Quant à la lyre tienne -une eurythmie y trône-,
Elle nous fait ouïr le chant bleu du guit-guit :
Et comme en tyrolienne, on survolerait Rome,
Ou, sur un lac, on longerait un si doux duit.

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Salus

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Se passant rhubarbe et séné sur leur plastron
Les poètes, lassés et la mine alanguie,
Invoquèrent alors le dieu barbare Crom
Et s'en allèrent boire où la bière ressuie !


Euh...Match nul ?
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Lau

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C'était au bord d'un bar près de l'aérodrome
Où dans un maelström de fureur et de bruit,
Plusieurs Harley-Davidson brillaient par leur chrome,
Une otarie applaudissait pour quelque fruit.

Ex aequo dira-t-on (raton) ; il n'était pas si nul que ça. Gracias.