Une plume extraordinaire, polyvalente, d'une science affutée et d'une inventivité immense et tragique, qui sublime tout nombrilisme :
L’aimant
Tu es mon seul aimant
Magnifique
Dans ce chant magnétique
Et toutes les limailles
Tournent agglutinées
Autour de ton aiguille
Affolée débousseulée
J’ai perdu le pôle qui me tenait
Par attraction intense
Si vous lâchez je vais tomber
Dans le puits de l’inimportance
Mais toujours je me souviendrai
De votre virtuelle absence
Et je l’envelopperai
Dans mon mouchoir immense
De l’impudicité.
5 août 2010
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A quoi tu rimes
Je m’arrime à la mort
Aux rives où j’aborde
Accoudée au bastingage
J’ai posé mes bagages
Je laisse en héritage
Mes rimes étranglées
Qui hurleront aux flammes
Où elles seront jetées
En volutes fumées
Vers des nues de fortune
Et des puits de forêts
J’aurai perdu ma vie
A tenter de rimer
Une harmonie subtile
Sur une terre infirme.
Amma 2016
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Les abyssaux
Comme une huître aux lèvres dorées
J’enrobe mon nucléon
Du manteau prélevé
Que je nourris de mon plancton
Et la perle nacrée
Au chaud dans mon absence
Travaille à devenir
Le dur noyau d’inespérance
Muette et noyée seule
Dans son bouillon d’idées
Elle tient si peu de place
Elle tient mon corps debout
Comme cet hippocampe
Qui chevaline aux fonds
De la mère abyssale
Avant d’être englobé
Dans les coraux rosés
Tout froissés d’anémones
Où je veux terminer mon absence
En regardant flotter
Les requines engeances
Sous mon caillou nacré
Je reste inestimable
Invisible perdue
Et je ne pense plus
Je suis une abyssale.