Ah, cette Barbara si chère à l'ami Prévert s'est vue tant de fois reflétée dans les flaques qu'on ne compte plus les petites soeurs nées sous les pas des rimailleurs qui, pour elle, mouillent leur chemise ...
En 2012 déjà, je trébuchais moi aussi sur ses traces :
Est-ce dans les embruns de Brest ou ceux de Nantes
que je t'ai reconnue sur ce quai, frissonnante ?
Tu fondais Barbara sous la pluie qui lustrait
ta robe modelant les orbes de ton dos
Pour un grossier soleil éclaboussant des îles
un barbare t'avait larguée dans ses amarres !
Tu n'avais Barbara que la pluie sur les os
et de petits grelots épinglés à tes cils.
Tu te noies Barbara, les baisers de l'averse
en plombant tes cheveux t'enchaînent dans leurs tresses
Tu t'en vas
ta chanson
émouvante et fugace
m'a tant plu
tu n'es plus
qu'un chagrin chancelant qui parfois me traverse
comme le dard aigu d'un amour qui s’efface