Tu sors,
Tu regardes la nuit qui t’ignore, déjà la nuit, il n’est pas tard.
La nuit qui te protège… La nuit ne cache rien, mais elle ne dévisage pas.
Tu sors,
À l’angle de la nuit, dans la marge des libertés qui s’endorment.
Tu sors,
Tu regardes la nuit. Bleue. Provence.
Tu marches,
Tu regardes la ville.
Tu es descendu de ta vie.
En marche, happé, poussé, presque volontairement, entre le sentiment de corvée et celui du devoir accompli. C’était un peu après une guerre, il fait toujours entre-deux-guerres quelque part sur terre.
Tu marches,
La nuit en écharpe, à la poursuite d’un hasard, même pas, d’une coïncidence.
…
Tu rentres.
Chez toi.
Environ.
Peinard.
Tu t’en sors en continuant à lutter contre la peur du vide, à ta manière, en provoquant le vide autour de toi.
Avec cette douleur qui te revient de loin, entre le gout du lait tiède et le ricochet des coups reçus, entre atavisme et déterminisme. Tu as gagné une vie, combien de temps l’offre est-elle valable ? La naissance te condamne à mort, mais tu ne sais rien de toi, tout est encore possible. Sous le poids des jours que la nuit ne console jamais tout à fait.
Tu ne fais rien, les gens ont tort de penser que tu préfèrerais faire autre chose.
Menteur.
Tu écris, il y a tellement de choses que tu peux faire, que tu vas faire, tellement d’envies, dès maintenant.
Une priorité : contempler.