Dans la moiteur des draps lentement s’éveiller
Et pousser les volets que le vent salé ronge.
Parfum du lavandin, fleurs de bougainvillier,
Se mélangent aux brumes, aux souvenirs du songe.
Toute entière s offrir au soleil du matin
Ouvrir très grand les bras à son bain de lumière,
Les yeux à demi clos sous l’ombrage d’un pin *
S’éblouir des reflets éclaboussant la Terre.
Sur le sable, aux pieds nus, l’or est déjà brûlant.
Accourir à l'appel envoûtant de la vague,
Enfin m'abandonner dans les bras du courant
Qui peigne les cheveux avec de longs doigts d’algue.
M'enrouler du satin aux froissés indigo
De cette robe d’eau, à ses volants d’écume ,
L'aile de la mouette s’envolant d‘un îlot
A sur ma peau mouillée déposé une plume.
Enlacer doucement un olivier noueux,
Etreindre son vieux tronc et son écorce rude,
Lui confier à voix basse un espoir amoureux,
Marquer dans le maquis mon pas de solitude.
Anita
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