Lorsque j'avais quinze ans, en cet âge pubère,
Alors que l'idéal et la gêne règnaient
La venue d'une fille aussitôt déroutait
Le grand adolescent aux pensées singulières
Mine de ne rien voir d'un air indifférent
Ne laissant rien paraître à cette jeune muse
Je restais interdit en mon âme confuse
En rêvant en secret d'être un jour son amant
Sans vraiment trop savoir ce que ce mot cachait
Je rêvais sa chaleur, ses baisers, ses étreintes
Et son sein ferme et doux d'une innocence sainte
Sur mon corps enflammé lentement se penchait
Mais ce n'était qu'un rêve et ce fantasme fou
Disparaissaient sitôt lorsqu'une moins rétive
Ou un peu délurée se montrait explétive
Feignant n'en rien saisir, je partais, je l'avoue.
Puis je m'imaginais que sa charnelle invite
Aurait pu me combler, moi, l'amoureux transi,
Tout en craignant un peu que cette fantaisie
Précoce, à coup sûr, eût tôt ou tard fait faillite.