Une fois, une femme occidentalisée, de la rive nord de la méditerranée, voulait mettre dans la gêne un vieil indigène, de la rive sud, en tenue traditionnelle, burnous, chéchia,… tenue qui demandait longue haleine. Elle l’avait rencontré par hasard lors de l’un de ses voyages. Pensant avoir bien choisi sa proie. Elle voulait l’agresser d’une question embarrassante. Une question sensible qui a touché toutes les sociétés. Elle voyait en lui le macho, le vieil dictateur fermé qui ne pouvait répondre à une telle provocation surtout venant d’une femme. Un bel homme, grand, fort, les joues roses comme les fesses d’un bébé, une moustache et quelle moustache ! Comme celle des riches commerçants hindous. Instruit, dans les deux langues, chose que la bonne femme ne pouvait savoir parce que les préjugés aveuglent celui qui les écoutent. Elle pensait le piéger et remettre en question un certain mode ancré dans les pensées.
Alors, d’emblée, elle lui jeta à la figure : « Monsieur, pourquoi, vous, vous cachez vos femmes et les laissez emprisonnées à la maison ? »
Le vieil homme debout abasourdi par la question placée à un moment inattendu, remis en l’état, après un laps de temps, son esprit. Il lui rétorqua calmement avec sérénité, surtout ménageant la bonne femme ne voulant point la toucher :
« Madame permettez moi de vous posez une question. » Il lui avait parlé avec correction dans sa deuxième langue, c'est-à-dire la langue de la rive nord.
A son tour maintenant d’être étonnée, de voir cette réaction passive du vieil homme. « Oui monsieur, je vous en prie. »
« Madame avez-vous des bijoux ? »
« Bien sûr, quelle question. »
« Ils sont précieux, vous les cachez, vous les mettez dans des écrins, vous avez peur de les perdre… Madame, nos femmes sont comme ces précieux bijoux, nous les protégeons, elles sont précieuses, alors nous les préservons pour ne pas être souillées… et surtout pour qu’elles ne perdent pas de leur valeur et ne pas être altérées.»