Je suis né au 20ème siècle, presque dans son milieu. Et nous voilà dans la seizième année du 21ème.
Je ne parle là que des siècles comptés à partir de la naissance de Jésus-Christ et en sachant que cette naissance n'est pas tout à fait repérée sur l'échelle du temps... Si tant est que le temps ait une échelle.
Avant cette naissance il y eu également beaucoup de monde. Une tripotée sont nés, ont vécus, sont morts avant que Jésus se pointe.
Ces gens ont parlés, ils ont même écrits.
Après eux, et après Jésus on a continué de même.
On a écrit, comme on a pu, puis on a ordonné, codifié, régulé en raison du principe tout simple qui est que plus il y a d'outils plus il faut être méticuleux dans la manière de les ranger sinon ç'est le bordel.
Les outils ont changé en fonction de l'énergie nécessaire à leur action, des nouveaux outils que ces outils avaient eux mêmes façonnés. Il a bien fallu ranger ces outils-là aussi.
Alors on a multiplié les rangements.
On en a construit de nouveaux, on a transformé ceux existants, un peu comme une maison change quand le nombre d'occupant varie.
Mais ce sont toujours nos outils, et ce ne sont que des outils.
Leurs modifications vient surtout de leur usage, de la manière qu'on a de les utiliser. C'est l'histoire... Car l'histoire n'est toujours qu'une chose en mouvement et ce mouvement rien ne l'arrête, pas plus que le temps.
Nos mots, nos langues ne vivent qu'ainsi. Elles sont toutes faites de bric et de broc, de trucs provenant de langues anciennes, de langues vivantes, de mots apparus sans qu'on sache vraiment pourquoi, même si on sait quand.
Aux mots usités s'ajoutent d'autres mots, leurs graphies influent sur les mots qu'on utilise, le sens de ces mots varient peu à peu. Des mots se perdent de vue, on en revoit parfois. Bref, c'est la plus grande des pétaudière. Mais ce sont nos mots, ce sont nos langues, notre vie, nos chemins.