Nous n'avons reconnu celui que nous cherchions,
Ce frère pourchassé que nous disions sauvage ;
Nous avons saccagé de nouveaux paysages
Sans voir, que nous portions en nous la suspicion.
Nous craignons d'être seuls dans ce vaste univers ;
Nous croyons en l'ovni, tout autant qu'en un ange
Mais, nous avons plus peur de ce qu'on voit étrange
Bien que miroir nous montre avers valant envers.
Animal malhabile, on marche sans arrêt !
Où se fixe tout autre, on avance sans cesse !
Et, bien organisé, on diminue le stress,
En produisant des stocks, pour garantir l'après.
On met tout au carré, on dresse des palaces,
Des palais, des jardins, en lesquels s'enfermer.
Que ce soit de Cnossos ou Versailles, former
Un labyrinthe offre au captif un jeu de glaces
En lequel il se voit, et de s'aimer ne cesse.
Mais l'enfant capricieux casse tous ses jouets,
Car il veut tout cela qui ne lui est donné !
Il rêve de quelqu'un qui tiendrait la promesse :
Tu croiseras un serf qui te protégera !
Il sera ton image, à peine édulcorée,
Ce doux souffle de vie auquel pourvoit Borée ;
Il sera à ton service et il t'aimera.
Pour bâtir ce jardin en lequel vivre à l'ombre,
A l'abri du réel et de nos cauchemars
Et, bien que protégé, restant gamin geignard,
Surtout ne comptons pas nos ruines et décombres !
Le bio est-il un phénomène trop fréquent
Pour, afin de durer, ignorant, le détruire,
Sans entendre sa plainte à nos oreilles bruire ;
Quand cesserons-nous d'être un môme inconséquent ?
Quelque pitre sur nous veille quand nous dormons...
Sur son front, il le croit, une sainte huile brille !
Tant nous chamboulons tout que notre espoir frétille !
Quand donc comprendrons-nous ce que nous transformons ?
