La fin de Socrate

Par : Jim
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Jim

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Etrangement d'actualité...

Mais vous aussi, hommes qui faites justice, il vous faut être pleins de bon espoir à l'égard de la mort et ne considérer comme une vérité rien d'autre que ceci : qu'il n'est pas possible qu'il n'y ait aucun mal pour un homme de bien, ni pendant sa vie, ni une fois qu'il est mort ; que les Dieux ne se désintéressent pas non plus de ce qui le concerne proprement, que, pas davantage, ce qui est arrivé aujourd'hui pour ce qui me concerne n'est dû au hasard, mais la preuve qu'il était pour moi meilleur de mourir dès à présent et être libéré des choses de ce monde ! Voilà pourquoi aussi, à aucun moment le divin signal ne m'a détourné et pourquoi je ne suis pas, quant à moi, très fâché contre ceux dont les votes m'ont condamné, ni contre mes accusateurs.
Ce n'est pas dans cette pensée toutefois, ni qu'ils ont voté contre moi, ni qu'ils m'ont accusé, mais en croyant me causer un dommage. Cela, c'est quelque chose dont ils méritent d'être blâmés. A la vérité, tout ce que je leur demande, le voici : « Quand mes fils seront devenus grands, châtiez-les, vous, en leur infligeant exactement les mêmes souffrances que je vous infligeais, si, à votre avis, ils font passer le souci de leur fortune, ou de quoi que ce soit d'autre, avant celui de la vertu ; s'ils se croient quelque chose alors qu'ils ne sont rien, faites leur le reproche que je vous faisais : de ne pas avoir souci de ce qu'il faut, et, quand on ne vaut rien, de se croire quelque chose. Si vous faites cela, vous aurez fait envers moi des actes de justice, envers moi personnellement comme envers mes enfants ! »
Voilà pourtant que l'heure est déjà venue de nous en aller, moi pour mourir dans quelques temps, vous pour continuer à vivre ! Qui, de vous ou de moi, va vers le meilleur destin ? C'est pour tout le monde chose incertaine, sauf pour la Divinité !

Apologie de SocratePlaton (Ed. : Idées / NRF / Gallimard – 1950)
Trad. : Léon Robin et M. J. Moreau




Ce message a été édité - le 16-03-2022 à 17:04 par Jim
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Oxalys

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Bravo Jim d'évoquer ce texte ancien qui devrait peser comme du plomb dans l'argumentaire contre la violence et l'injustice. Ce qui valait 4 siècles av. JC est toujours d'une déconcertante réalité. Seul le bol de ciguë a été remplacé par d'autres méthodes plus mortelles encore.
La justice est toujours aussi aveugle qui condamne les milliers d'innocents au profit d'un seul bourreau.
Et la sagesse, la philosophie là-dedans ? Elle n'a pas plus de poids qu'une plume au vent. Aujourd'hui comme avant.

Un peu de pub personnelle ici :
Apologie de Xanthippe, épouse de Socrate. Là aussi, rien n'a changé, ou si peu.
https://lespoetes.net/poeme.php?id=16701&cat=tdm
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Jim

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Je me replonge aussi dans Platon, c'est un comique acide, le gus ! Bon, j'avais pas tout lu, of course. Et puis, je ne lis pas le Grec ancien, snif. Je me suis promis pourtant de m'y mettre, il me faudrait me secouer le popotin...
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Oxalys

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A chacun ses lectures, Jim..
A toi la sagesse grecque, Platon Socrate etc...
A moi la mythologie germanique "Die Edda" en allemand moderne parce que l'ancien... je ne m'y mettrai jamais, c'est certain !
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Jim

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Oh , je ne néglige pas cette partie du globe, Oxalys ! Vers mes dix ans, je découvrais avec enchantement l'histoire de Siegfried à la TV, J'en lus un abrégé puis, plus tard, découvris le film de Fritz Lang, et la rencontre de Siegfried et de Brunehilde est la plus belle et érotique qui soit, bien supérieure à celle d'Yseult et Tristan. Le rapprochement des légendes pose la question de leurs cheminements puisqu'elles s'inséminent les unes les autres. Alors, près de ma main droite, trônent en attente La chanson des Nibelungen et La Plainte, ainsi que L'Edda et l'Histoire des rois de Norvège par Snorri Sturluson.
Depuis que je me suis mis hors de l'écoulement laminaire du travail, c.à.d.: en retrait avant d'être à la retraite, je bénéficie d'un temps sans contrainte en adéquation avec mon exigence circadienne d'une part, et de la possibilité d'aborder dans un strict désordre tout ce qui m'intéresse d'autre part, ce qui fait un sacré bouquet, pardon, que dis-je, un bosquet ! ce que le plateau de la maturité interdit en raison de l'intégration sociale obligatoire pour tous bref, l'horreur normalisée. Mais, comme en donnent l'exemple divers responsables, j'ai un agenda chargé, de longues plages de siestes entrecoupées d'heureux labeurs, dans lequel est planifié l'apprentissage de l'Araméen vers mes ... 115 ans. 😊



Ce message a été édité - le 17-03-2022 à 07:17 par Jim