"Atelier perpétuel de réparation"

Par : Salus
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Salus

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A l'intention de nouvelles âmes, bienvenues :

Ici, nous démêlons les imbroglios grammaticaux, les accords douteux, les syntaxes approximatives, les orthographes aléatoires, ainsi que les vers bancals, les métriques ingénues, les rimes improbables et les élisions inéligibles !

- Les participantes et contributeurs s'engagent à exclure toute forme de condescendance, admettant l'autre comme éventuellement insupportable, mais cependant absolument égal ; ils s'engagent d'autre part à user de la plus grande rigueur quant à la recherche, ou l'approche, du vrai.

La première question, qui n'apparait point, fut un succès : il en découle que "Bath" que tout un chacun croit anglicisme, serait plutôt (car là, rien n'est sûr à cent pour cent)...plutôt une déformation du vieil argot "batif", bien bâti, tout ça est brillamment développé dans la rubrique "Autour d'un café" ( Appel et proposition),
Et j'en remercie les rédactrices et glossateurs.

- Quelle sera la prochaine question ?
Et sa réponse ?
Quel suspense, je ne sais pas si je tiendrai le coup !




Ce message a été édité - le 01-07-2022 à 15:23 par Salus
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Salus

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...Pour faire baisser la tension, palpable, trépidante, voici un intermède musical :

Transversalité


Fi de ces jean-foutre et des fats
Qui vous assènent leur bagage
Comme pour mieux vous mettre en cage
Du haut de bacs ou de BAFAs !

Nous, dont la culture s’arrête
Aux mille livres qu'on a lus,
Nous ouvrons l’œil rond des merlus
Devant la suffisante crête

Que vous érigez, coquelets
Fiers d'écraser la valetaille
Ignare, qui, bien tôt, travaille,
Au lieu d'étudier mieux les

Matières universitaires,
Attifets des grands ingénieurs
Suffisants et cuistres ; d'ailleurs
Vos prétentions sont délétères :

Point de hiérarchie au savoir
Dont l’accès reste un privilège
Accordé surtout pour qui lèche
Un sein bourgeois dès le bavoir !

Or, la connaissance est multiple
Et tous savent d'elle un bon bout
Car l'école n'apprend pas tout ;
La curiosité vaut la Bible,

Et des pédants pourraient gagner,
Grâce aux plus humbles, à s'instruire,
Si, même à voir leurs trésors luire,
Ils n'étaient prêts à les nier !

Chacun, pourtant, de quelque chose
Que l'autre ignore est détenteur ;
Le plongeur sait le détendeur,
Et le poète, c'est la rose...

Puis, tout acquis, comme le feu,
S'offre sans que l'on ne s'en prive ;
Il est censé, sans seing ni griffe,
S'intégrer, s'instruire par jeu,

Et maudit soit qui s'en sert d'arme,
D'outil de féodalité ;
Celui-là pense en suidé !
(Encor que les porcs aient plus d'âme)


Apprendre ? Un acte interactif,
Qui se doit sans maux ni violence ;
Le "sachant" creuse une béance
Dont l'heur peut-être maladif !

Apprendre est un art qui s'ignore,
Il n'a de sens que mutuel,
Son pouvoir individuel,
C'est le péché de Monsignore !

Vous qui tenez pour supérieur
le dogme indu d'une science
Qui fit la catastrophe immense,
Croyant rendre un monde meilleur,

Vous devriez, bien au contraire,
Trouver un peu d'humilité
Devant la simple humanité
De ceux qui, courbés sur l'araire,

Savent les millénaires voix
Instruisant le Grand Equilibre
Impulsé par l'univers libre :

Celui des plaines et des bois.







Ce message a été édité - le 20-07-2023 à 16:47 par Salus
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Salus

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...Alors, puisque je vous tiens, j'ai là un pluriel qui me laisse un goût étrange, même si je le crois patent ; vous êtes partant ?

Point d'épique opacité ;
Dus à la lune, là-haut,
L'orbe est blafard et l'air chaud
Est plein de lascivité !


La quarte est étrange, purement impréhensible, mais le pluriel de "dus" est-il justifié ?
Je dirais que oui : le côté blafard de l'orbe et la lascivité de l'air chaud sont dus à la lune ; j'ai bon ?


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Jim

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Pour moi, le contraire serait fautif, car c'est logique et c'est la règle : le merle blanc et le pingouin vert sont des oiseaux. Le cumul de sujets singuliers définit un pluriel. Mais il arrive qu'un tel cumul aboutisse à un verbe singulier genre: le cacatoès, et ses petits, chanta la Tosca. C'est un usage admis bien qu'à mon sens fautif car illogique. L'argument adverse est que ça fonctionne comme si était écrit: le cacatoès, avec (en compagnie de) ses petits, etc. N'empêche qu'ils sont plusieurs à casser les oreilles des innocents. Cela dit, j'en ferai pas un herpès!

Il m'arrive de corriger des auteurs reconnus quand je lis qqch qui me heurte - j'ai un sale caractère, je sais - mais je ne supporte pas un autoroute, une après-midi, car route est féminine et midi masculin, donc... A chacun ses TOC (avec ou sans "s" ?)

Pour ce qui est de "La curiosité vaut la Bible", je préciserai que d'après cette ditre Bible, le premier des péchés capitaux est la curiosité, car elle est insufflée à Eve par le maître menteur, le malin Satan, à Adam, a fin de le mener à quitter la maison du Père, ce fameux jardin des délices ou Eden, de ne pas assurer donc la succession, fils indigne et renégat, de menacer la lignée de coupure. C'est tellement grave qu'un peu plus tard, le pardon de cette faute sera introduit par la parabole du retour de l'enfant prodigue: le père est heureux que son fils revienne assurer ses devoirs. Mathusalem est de retour !
Je ne suis donc pas sûr que la Bible vaille ce qu'elle condamne... (je sais, je taquine !)



Ce message a été édité - le 30-06-2022 à 23:30 par Jim
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Salus

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Bah, sans "s", les acronymes !
(trouble obsessionnel compulsif)

...Et même si ce que tu dis est frappé au coin du bon sens, "après-midi" est épicène.





Ce message a été édité - le 30-06-2022 à 23:22 par Salus
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Jim

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Evidemment pour les acro sinon, ce seraient T et O qui porteraient un "s", et ce ne serait pas beau, pire que l'écriture inclusive... TsOsC... c'est un Vénusien qui parle ?

Euh... midi et route ne sont pas épicènes, et prétendre construire de l'épicène sur son contraire, c'est juste masquer sa faute d'une feuille de vigne.



Ce message a été édité - le 30-06-2022 à 23:39 par Jim
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Rickways

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Juste pour ceux qui ne savent pas :

EPICENE : Déf
Dont la forme ne varie pas selon le genre.
Ex: habile (une femme habile, un homme habile)
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Salus

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Merci, Eric, pour cette place de choix que tu nous a trouvée !

- peut-être, tu pourrais ôter mon nom de sous le titre, je ne compte pas faire ça tout seul !
(on pourrait marquer "collectif informel", ou quelque chose comme.

Sinon, oui, aurais-je dû expliquer ce mot ? mais le net est plein de bons dictionnaires facile à consulter...ce mot qui me permet de répondre à Jim plusieurs choses ; d'abord que, le coup du "s" à l'acronyme (fautif, donc), je viens juste de le faire dans le texte qu'on peut lire plus haut, "Transversalité" !
(usant d'un stratagème en guise de passe-droit, j'ai rimé BAFAs avec fats, le "s" minuscule étant censé me faire pardonner...

D'autre part, si midi et route ont un genre bien à eux, "Après-midi", aussi étrange soit, est bel et bien androgyne, ainsi que l'atteste, notamment, le CNTRL, Le Larousse, et la plupart des dicos ; le genre semble y hésiter depuis longtemps, et les deux sont recevables.

J'ajouterai, en un bref retour arrière, que mon interrogation sur le pluriel de "dus", dans le quatrain que je vais vous ressortir, tient au fait qu'on peu le lire de deux façons ; pour vous en convaincre, chers lecteurs qui allez trancher, j'y rajouterai une unique virgule qui, pour moi rend le pluriel fautif :

Point d'épique opacité ;
Dus à la lune, là-haut,
L'orbe est blafard, et l'air chaud
Est plein de lascivité !

(La virgule est rajoutée après "blafard")
- Le pluriel m'est nécessaire, pour éviter le hiatus (ou l'hiatus), mais, même sans la virgule, et malgré les assertions exactes de Jim, je continue à me demander s'il est correct...





Ce message a été édité - le 01-07-2022 à 12:01 par Salus
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Lau

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Il y a la règle… et l’usage. « Après-midi » d’abord masculin (logique : un midi) devint épicène après sa féminisation par un nombre important d’usagers francophones. La liaison bon-après-midi donne, à l’oralisation, une touche féminine au mot « bon ».
(Récemment, par le même processus, COVID (féminin « coronavirus disease » - UNE maladie-) est devenu aussi masculin, par son utilisation généralisée.



Près de (proche de) / prêts à

Dans « Transversalité », Ils n'étaient près à les nier… Je l’écrirais prêts ou je changerais la préposition si l’on souhaitait lui donner le sens de proche.



Je validerais "dus" si ce sens est accepté :

L'orbe est blafard/ et l'air chaud
Est plein de lascivité ! : C'est à cause de la Lune qu'existent ces deux faits (ces deux propositions).


(Sinon, en v’là un topic qu’il est bien ! –on peut s’amuser aussi !).




Ce message a été édité - le 01-07-2022 à 12:21 par Lau
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Salus

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Bienvenue !

"Prêt", bien sûr ! La peste soit de ces homonymes et de mon étourderie, merci, Lau.

Pour "dus", tous le monde est d'accord (même moi), mais avoue que le coup de la virgule est troublant !
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Rickways

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Modérateur

Je ne suis pas d'accord avec vous, car placer une virgule devant un et revient à indiquer que le coordonnant entraine une opposition.

Ainsi l'air chaud viendrait en opposition de l'orbe blafard causé par la lune.

Mais au départ, il n'y avait pas de virgule...
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Salus

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...Et il n'y en aura pas, de virgule, mais ce que tu avances m'interroge ; et fouinant sur la toile, j'en apprends que ce que tu dis peut être vrai, mais disons plutôt qu'ainsi, on ne prendra pas de risques, je cite un utilisateur du "Projet Voltaire" :
Celui qui est vraiment perdu peut appliquer la constatation de Drillon (Traité de la ponctuation française, par Jacques Drillon) selon laquelle "on fera peu d’erreurs si l’on place une virgule avant la conjonction dès lors qu’elle relie deux termes de fonction grammaticale différente " Or, je pense aussi que la chose peut être plus complexe, voir ambiguë, ; voici un exemple baudelairien, où situes-tu l'opposition ?

(Tiré de "Les Bijoux")

(...)
Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.
(...)





Ce message a été édité - le 01-07-2022 à 18:16 par Salus
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Serona

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Partante pour répondre!

Le deuxième vers, précédé d'un point virgule, est considéré comme un début de phrase.
Et en début de phrase, on écrit toujours "dû à" car nous avons bien affaire, cette fois-ci, à un anglicisme ("due to" = à cause de").

Donc,

Dû à la lune, là-haut

Bonne soirée. 👋
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Jim

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Anglicisme causal, certes, qui ne change rien au fait qu'il est question ici d'une simple réduction verbale, (sont dus), et première ou énième position dans la phrase importe peu, je pourrais écrire : "A Séléné (sont) dus ce masculin et cet autre". Restructurer une phrase laisse les relations entre ses termes invariantes. Sinon, ce serait changer de phrase (et de signification).



Ce message a été édité - le 01-07-2022 à 22:02 par Jim
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Salus

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Pendant que je rédigeais ce qui suit, Jim est passé, qui instille encore un doute, mais je reste sur ma modification, dont l'euphonie et la simplesse me conviennent !

Ah, Sérona, tu as bien fait de passer, voilà du nouveau !
Je suis très content de ton intervention, ainsi, j'avance fort positivement dans mon travail !
Et je suis tombé sur ça
(le site s'appelle "Langue Française", et c'est "le Figaro" qui tient ça...) :

L’Académie rappelle que la locution «dû à» ne saurait être employée pour dire «en raison de, à cause de». Lorsqu’elle est placée en début de phrase, c’est une faute. On ne dit pas «Dû à la pluie, il est arrivé trempé» mais «En raison de la pluie, il est arrivé trempé.»

La phrase n'est pas exactement à son début, mais tu as raison de le considérer ainsi, vu la ponctuation, et je conclus de ce qui précède que la tournure est malvenue !
Le quatrain se lira donc désormais ainsi :

Point d'épique opacité ;
Selon la lune, là-haut,
L'orbe est blafard, et l'air chaud
Est plein de lascivité !

...A moins d'un dernier et improbable retournement de situation, je pense que nous avons bouclé la question, merci, c'est un plaisir de travailler avec vous !





Ce message a été édité - le 02-07-2022 à 00:01 par Salus