Pour qui redoute effusion, épanchement,
L'intarissable logorrhée qui substitue
La quantité à qualité, qui s'évertue
A déclamer tant le pourquoi que le comment ;
Pour qui redoute un souvenir qui souvent ment,
Infidèle mémoire où le trou constitue,
Sur le coureur léger, victoire de tortue,
L'imagination, rescousse du dément ;
Pour qui préfère, en peu de mots, dire le monde,
Exhiber le joyau depuis la gangue immonde ;
Pour qui préfère à la clameur le chant du merle ;
Il existe un écrin de l'équilibre juste,
Un œuf qui sait, sonnet qui ne bombe le buste,
Retenir l'infini dans du sable la perle.
©JIM