Princesse de jadis
(Conte)
Rêvant, un jour pluvieux, le front contre la vitre,
Elle se voit au bois, bien cachée, à l’écart :
Enfin quittés les lourds vêtements de brocart,
Et nue, et belle avec, entr’ouvert comme une huître
Au byssus blond, l’endroit ! Et le soleil, qui filtre
Entre les frondaisons, illumine avec art
Ce corps gracieux auquel la fraîcheur a pris part.
Un merle, tout là-haut, en sifflant fait le pitre
Et d’un coup d’aile vient se poser sur le doigt
De la charmante enfant : «Sais-tu que tu me dois
Un baiser sur le bec ? C’est que je suis le prince
Qui t’est promis, celui qu’on a ensorcelé
Jadis ! Délivre-moi : je suis grand, beau et mince.»
C’était faux : il était... dodu, petit et laid !