Tarass et Diouchka.
chapitre premier
L'envol du grand Mongol...
<< Demandez les Dernières Nouvelles de Mongolie celtique intérieure, ou comment un jeune Mongol triste est devenu un grand et fier Mongol...
Demandez les Dernières Nouvelles: l'envol du grand Mongol... demandez les Dernières Nouvelles... demandez...>>
Il était une, deux, trois fois un jeune et fier Mongol, curieux de tout, amoureux de la vie, et amoureux, fou amoureux d'une jeune et fière Mongole belle comme le jour, belle comme la nuit scintillante d’étoiles, comme la lune et le soleil réunis. Il s'appelait Tarass, elle s'appelait Diouchka.
Ils vivaient heureux dans les steppes de Mongolie celtique intérieure, soignaient leurs chevaux fougueux et cultivaient dans leur jardin les plus beaux légumes et les plus belles fleurs du pays. Ils étaient si heureux qu'ils parlaient souvent animal car, comme chaque Hun sait, les bêtes ne sont pas si bêtes, et elles savent faire la fête de chaque moment de chaque jour:
<< - Diouchka, ma lionne superbe et généreuse a-t-elle fini d'arroser les salades?
.... - Tarass, mon grand loup des steppes, a-t-il donné l'avoine aux chevaux?
.... - Oui, mon petit loup adoré, dansons!...>>
Ils dansaient comme des papillons au printemps flambant neuf ; ils dansaient la carmagnole et le sirtaki dans les prairies fleuries, sous l’œil guilleret des campagnoles ravis; ils se butinaient comme des abeilles; se lutinaient encore plus que Blanche Neige câlinant les Sept Nains ; et se bécotaient comme des bouvreuils en deuil de tout chagrin.
Ils riaient et chantaient à gorge déployée comme une bannière de pardon en Bretagne...
<< Dansons la carmagnole
Y a plein de pain chez nous
Y en a chez la voisine
Plus rien qui nous chagrine
Dansons la car-bagnole
Vive le son vive le son
Dansons la carmagnole
Vive le son du grillon...>>
Ils se roulaient dans l’herbe, ils dévalaient les talus des chemins creux; et parfois ils faisaient catleya dans les sous-bois baignés d’une douce lumière tamisée par les jeunes feuillages, discrétion assurée...Pour Diouchka, Tarass faisait - déjà - l’arbre droit ; pour Tarass, Diouchka faisait la roue...elle n’avait pas besoin de plumes ni de strass pour combler son amant attisé par leurs jeux ; Tarass souvent lui offrait un trèfle à quatre fleurs ; bref, ils cueillaient dès aujourd’hui les roses de la vie, même si c’étaient des églantines dans les taillis...
Bientôt est arrivé leur premier printemps d'amoureux, et la jeune Mongole s'est encore embellie...Un soir, elle demanda à Tarass :
<< - Comment va notre amie Flicka ?
- Oh, je crois qu’elle va bientôt mettre bas. En tout cas, elle pète de santé ; elle a le poil luisant, les yeux brillants, presqu’autant que les tiens, Diouchka chérie, mon Oural et ma Volga !
- Tiens, tiens !...parce que mes yeux sont brillants ?...
- Comme toujours, mon amour-fleuve !
- Pas plus que toujours ?...mon amour-radis-rond-rose-à-bout-blanc !...
- euh...ben...non !...je ne vois rien venir, sœur
Diouchka-câline-paradis-de-Chine !...
- Hum !...tu dois être un peu ébloui, Tarass, mon gardien de phare aux pruneaux, ça te rend myope, borgne, aveugle, à-stigmates, âne-alpha-bête...et j’en oublie !...>>
Tarass, son chevalier du gai-clin d’œil de lynx - il lisait beaucoup Spirou, qui parvenait régulièrement chaque semaine en Mongolie celtique intérieure par montgolfière express - Tarass resta père-plexe, -peinard et -sévèrant ; il entraina Diouchka par la taille et ils entamèrent une carmagnole endimanchée, pardon, endiablée...
Et la jeune Diouchka s'est encore arrondie de bonheur intérieur :
Ses joues se remplirent et rosirent plus souvent; son visage s'illumina encore plus tendrement; ses seins s'arrondirent et gonflèrent en frissonnant; son ventre s’arrondit et grandit en frémissant; sa peau de pêche devint savoureuse et sucrée comme un abricot bien mûr cueilli dans l'arbre. Ses hanches belles et fortes roulaient comme une amphore naissant sous les mains du potier. Et le jeune et fier Mongol pétrissait d'amour et de caresses la chair savoureuse et sucrée de sa belle et ronde Mongole fière si pleine de vie comme toutes les Mongoles amoureuses et heureuses de devenir mère.
Et le petit enfant grandissait dans le ventre de sa maman. Tantôt c'était un garçon, et il jouait au foot: il marquait même des buts du pied ou de la tête, et le jeune et fier Tarass apercevait les chocs sur le ventre de la jeune Diouchka ; tantôt c'était une fille et elle envoyait de drôles de gifles, pour rire, à ce qui lui déplaisait, avec ses petites mains de bébé
dans le ventre de sa mère, qui sentait comme des câlins en elle.
Finalement, ce fut un garçon, Ivan, qui s’invita dans la jeune famille des fiers Mongols, Tarass et Diouchka, au début du printemps suivant. Il était fort comme un jaguar, criait comme un léopard et ronronnait comme un chaton lorsqu'il était repu du sein et de câlins. Le bonheur de Tarass et de Diouchka semblait s'être encore agrandi ...
...ô le printemps de bonheur ... ô l’été de bonheur...
L’été était presque achevé .. lorsqu’arriva le grand malheur...