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Machajol
Membre
Messages : 3868


Posté à 19h38 le 25 Feb 21

Assise sous les saules
je regardais les branches;
la longue chevelure se balançait doucement au vent frais de ce nouveau printemps.
Les jeunes pousses des feuilles vert tendre, s'emmêlant au gré du vent, semblaient caresser le fleuve
d'où émergeait de temps en temps, cet oiseau noir au long bec jaune.
Il plongeait sous la surface de l'eau cherchant pitance et remontait pour replonger aussitôt.

Sur le banc sous les saules, je vis d'abord une silhouette longiligne, grande et fine. Elle avançait dans ma direction. Puis je la reconnus.
Il m'était revenu, d'un passé presqu'oublié : trente ans après…

Il n'avait pas trop changé, toujours les cheveux noir ébène. Un sourire léger au bord des lèvres;
comme si nous nous étions quittés la veille, il me dit "bonjour".

Je lui rendis son sourire et lui fis une place sur ce banc, sous les saules.
Oui, c'était bien lui, le parrain de mon fils, parti pour l'Australie.

Il était là, devant moi, et tout devenait possible …


Rickways
Modérateur
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Posté à 17h19 le 28 Feb 21

L'incipit d'un roman ?


Machajol
Membre
Messages : 3868


Posté à 02h10 le 01 Mar 21

Une intro, une page, une nouvelle !

va savoir ? … !!

par contre si quelques uns d'entre vous souhaitez écrire quelques feuillets d'un roman à partir de cet incipit … la porte est ouverte!

Pourquoi pas une histoire à plusieurs ? …

Merci Eric de ta question ! Salut


Oxalys
Modérateur
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Posté à 10h08 le 15 Mar 21

Bonne initiative, Macha !

Cette idée d'histoire écrite à plusieurs, sur ce thème-là me tente vraiment.
Cela remettrait un coup de neuf à ce forum pas très en forme en ce moment.

En attente d'autres volontaires,
amicalement


Machajol
Membre
Messages : 3868


Posté à 18h04 le 15 Mar 21

Elle prit son parapluie; ce jour là, à Paris, il pleuvait des hallebardes et dans sa hâte, elle ne vit pas cet homme en noir qui s'éloignait sur le trottoir …





Ann
Modérateur
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Posté à 10h58 le 16 Mar 21

Elle prit son parapluie; ce jour-là, à Paris, il pleuvait des hallebardes et dans sa hâte, elle ne vit pas cet homme en noir qui s'éloignait sur le trottoir …
C’était une ombre sans visage fuyant les griffures de cette pluie pénétrante qui ne cessait depuis l’aube. L’ombre tourna au coin de la rue étroite du Chat-qui-Pêche. Bertille était pressée et pourtant…




Ce message a été édité - le 16-03-2021 à 14:44 par Ann


Machajol
Membre
Messages : 3868


Posté à 16h16 le 16 Mar 21


Elle prit son parapluie; ce jour-là, à Paris, il pleuvait des hallebardes et dans sa hâte, elle ne vit pas cet homme en noir qui s'éloignait sur le trottoir …
C’était une ombre sans visage fuyant les griffures de cette pluie pénétrante qui ne cessait depuis l’aube. L’ombre tourna au coin de la rue étroite du Chat-qui-Pêche. Bertille était pressée et pourtant…


Cet homme s'éloignait, du souvenir de Bertille qui poursuivit le cours de sa vie trépidante : l'enfant dont elle s'occupait seule, le travail, la maison, les courses;
ses journées étaient sans fin. Mais volontaire, elle menait bien sa barque avec joie et entrain.

Quant à lui, il avait l'opportunité de s'installer en Australie où …


Ann
Modérateur
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Posté à 17h24 le 16 Mar 21

Il se fit chercheur d’opales. Le maitre de conférences avait troqué sa chaire à la Sorbonne pour le désert écrasé de sécheresse. Galopin, son koala sur l’épaule et dans sa musette entre le piolet et une gourde, le souvenir de Bertille qui lui tenaillait encore les tripes, trente ans après. A l’époque…


Machajol
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Posté à 17h45 le 16 Mar 21

Il se fit chercheur d’opales. Le maitre de conférences avait troqué sa chaire à la Sorbonne pour le désert écrasé de sécheresse. Galopin, son koala sur l’épaule et dans sa musette entre le piolet et une gourde, le souvenir de Bertille qui lui tenaillait encore les tripes, trente ans après. A l’époque…

A l'époque, lui faisait de la plongée sous-marine; elle, grimpait les cols avec cordées et crampons.
Passionnés tous les deux par ces sports haut de gamme, ils baignaient dans la joie, invitaient leurs amis le soir sur la terrasse
de l'auberge espagnole.

La vie coulait tranquille puis...


Ann
Modérateur
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Posté à 18h06 le 16 Mar 21

Leurs passions les séparèrent par petites touches sans l’air de rien. Ce fut dix jours sur le Mont-Blanc auquel Michel répondit par une quinzaine dans la grande bleue. Bertille s’essouffla à attendre le retour de Michel, elle accepta un détour par une opportunité que Jules lui offrit. Jules était un chevronné de la grimpette. Alors que Bertille atteignit le septième ciel, Michel se sentant soudain abandonné, s’initia à la plongée en apnée dans ses larmes.


Machajol
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Posté à 19h41 le 17 Mar 21

Dans la savane rousse, chaude comme la brousse d'un incendie d'été, un homme se promène.

Dans la poudre rouge, des terres australes, le nez dans les étoiles, il rêve…
Il rêve à ses yeux limpides, d'un bleu azuréen; à sa chevelure rousse, ondulée …
Au-delà du voile de la brume vespérale, il la revoit ,animale, captivante. Son rêve s'égare et il s'endort.
Au petit matin, il rejoint la savane safranée.


Oxalys
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Posté à 21h30 le 17 Mar 21

Leurs passions les séparèrent par petites touches sans l’air de rien. Ce fut dix jours sur le Mont-Blanc auquel Michel répondit par une quinzaine dans la grande bleue. Bertille s’essouffla à attendre le retour de Michel, elle accepta un détour par une opportunité que Jules lui offrit. Jules était un chevronné de la grimpette. Alors que Bertille atteignit le septième ciel, Michel se sentant soudain abandonné, s’initia à la plongée en apnée dans ses larmes.

***


Dans la savane rousse, chaude comme la brousse d'un incendie d'été, un homme se promène.

Dans la poudre rouge, des terres australes, le nez dans les étoiles, il rêve…
Il rêve à ses yeux limpides, d'un bleu azuréen; à sa chevelure rousse, ondulée …
Au-delà du voile de la brume vespérale, il la revoit ,animale, captivante. Son rêve s'égare et il s'endort.
Au petit matin, il rejoint la savane safranée.


***

Or à des milliers de kilomètres de la fournaise australienne, dans ce coin d’Europe où la pluie laisse trop souvent les amoureux transis sous leurs parapluies, la charmante Bertille chuta lourdement du septième ciel où elle se plaisait à virevolter entre un Jules aussi fidèle qu’empressé et un Michel aussi séducteur qu’épris de liberté, quand elle s’aperçut que ses performances sportives de haut niveau entre l’un et l’autre des deux tourtereaux n’étaient pas restées sans conséquences.


Ann
Modérateur
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Posté à 08h28 le 18 Mar 21

Bertille s’alourdissait d’un ventre prometteur. Elle s’en accommoda. Jules douta de sa paternité et Michel devint un parrain qui n’avait plus sa place auprès de la mère. Le printemps et l’été passèrent. Bertille partagea son automne entre la Sorbonne et les couches. Le petit Pierre fit bientôt ses premiers pas. La nature est malicieuse. Ce délicieux enfant avait hérité d’une vague ressemblance mais surtout il portait au creux des reins, ce même grain de café en forme de cœur.


Oxalys
Modérateur
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Posté à 17h51 le 18 Mar 21

Un doute s’immisça dans son cœur de groupie repentie. Elle n’avait que trop vague souvenir de la texture dorsale exacte de ses ex-amants, son attention de jadis se portant plutôt sur la plastique virile que pigmentaire de ses conquêtes. A qui donc le petit Pierre devait-il ce signe particulier ?

Certainement pas à Michel qui aurait plutôt légué ses oreilles décollées ou son menton en galoche. Ni à Jules, aussi roux qu’un jacquet, au corps semé d’éphélides plutôt que de grains de beauté. Y aurait-il un troisième homme, aussi mystérieux que celui du film où le mythique Orson Wells incarnait Harry Lime ?


Ann
Modérateur
Messages : 3404


Posté à 23h02 le 18 Mar 21

Elle souvint de cette fin de matinée entre mystères et malaises. C’était dans l’amphi A, elle était restée un moment pensive sur une pile de copies que ses étudiants lui avaient remises. D’un coup, il y a avait eu une coupure d’électricité et un souffle chaud l’avait anéanti. Une présence insistante sans visage, un corps impalpable.
Quand elle avait repris ses esprits, Bertille était seule. Elle n’avait d’ailleurs pas cessé d’être seule. Ce n’était qu’un songe érotique, une caresse subtile de sa propre sensualité.
Le campus ne parlait plus que de l’affaire des squelettes que les salles de sciences utilisaient. Qui était derrière ce trafic ? Bertille resta en retrait des élucubrations, chacun y allait de ses conclusions des plus loufoques au plus morbides. C’est une scientifique cartésienne. Elle n’allait pas succomber à des sornettes de potaches goguenards. Elle ne prêta pas plus attention aux déductions hasardeuses de ses collègues qu’au linceul qui trainait sur l’estrade à moitié enseveli dans l’obscurité de la chaire. Puis elle oublia l’incident mais en observant le petit Pierre, un détail s’imposa, un détail qu’elle n’avait pas relevé à l’époque…




Ce message a été édité - le 18-03-2021 à 23:03 par Ann

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