La poésie sur internet
Votre session va bientôt expirer. Souhaitez-vous rester connecté ?
Temps restant :
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.
Par : Jim
Il s'agit d'un texte versifié de 14 vers distribués sur deux quatrains suivis de deux tercets, soumis à quelques contraintes selon le temps et le lieu. Voir ci-dessous:
https://www.cjoint.com/doc/25_01/OABtXLFBAEY_Dante-son-usage-de-la-sextine-et-le-sonnet.pdf
Ce message a été édité - le 29-01-2025 à 15:09 par Jim
Posté à 20h51 le 27 janv. 25
Merci Jim pour ces menus propos que j'ai lu avec intérêt, ont-ils le mérite de placer les auteurs cités dans le cadre historique où ils vécurent, ce qui me paraît essentiel pour mieux comprendre le fond et la forme de leurs poèmes.
J'ai eu envie de compléter le petit tour d'horizon amorcé (Italie, France, Espagne, Angleterre) par une excursion Outre-Rhin.
Au cours de mes recherches sur le net parmi les multiples sites traitant du sujet, j'ai appris que le sonnet aurait été inventé dans l'entourage (dit école sicilienne) de l'empereur Frederic II Hohenstaufen au XIIIème s.
https://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-sicilienne-litterature/
Le sonnet a vite été adopté par les colporteurs de l'époque (baladins et troubadours) puis adapté aux particularités sonores et scripturales des langues otochtones traversées.
En Allemagne, qui n'existait que sous la forme de multiples petits états, évéchés, principautés etc.
il a conservé la forme adoptée par Pétrarque au XIVème s. : 14 vers répartis en deux quatrains suivis de deux tercets, chaque vers comptant 11 syllabes.
Dans le sonnet allemand, la différence entre rimes féminines et masculines n'est pas liée à l'orthographe des mots mais à leur prononciation. Les terminaisons féminines sont douces car non accentuées, les masculines fortes et accentuées.
Je viens de lire toute une flopée de sonnets des auteurs les plus divers à travers les époques (Bürger, Goethe, Fontane, Heine, Trakl, Brecht) et constate que l'agencement des rimes selon un schéma précis n'est pas obligatoire.
Je ne prétends pas faire école avec ces "menus propos" qui sont les miens, simples constats de dilettante, sans aide d'Intelligence artificielle quelconque.
Pour toi, Jim, avec mes sincères remerciements pour tes accueils chaleureux dans ta belle ville rose en 2023 et 2024.
Avec mes meilleurs voeux de prompt rétablissement pour, qui sait, d'autres rencontres amicales.
En prime : sonnet d'un auteur que nous aimons beaucoup mais qui ne peut pas encore bénéficier d'une entrée officielle dans notre galerie des artistes d'hier, car décédé depuis moins de 70 ans.
Bertolt Brecht (1898-1956)
Sonett Nr. 19
Nur eines möchte ich nicht: dass du mich fliehst.
Ich will dich hören, selbst wenn du nur klagst.
Denn wenn du taub wärst, braucht ich, was du sagst
Und wenn du stumm wärst, braucht ich, was du siehst
Und wenn du blind wärst, möchte ich dich doch sehn.
Du bist mir beigesellt, als meine Wacht:
Der lange Weg ist noch nicht halb verbracht
Bedenk das Dunkel, in dem wir noch stehn!
So gilt kein „Lass mich, denn ich bin verwundet!“
So gilt kein „Irgendwo“ und nur ein „Hier“
Der Dienst wird nicht gestrichen, nur gestundet.
Du weißt es : wer gebraucht wird, ist nicht frei.
Ich aber brauche dich, wie’s immer sei
Ich sage ich und könnt auch sagen wir.
Ecrit en 1939 alors que Brecht vivait en exil en Suède
rimes : abba cddc efe ggf
***
Sonnet n° 19
Une seule chose je ne voudrais pas : que tu me fuies.
Je veux t'entendre, même si tu ne fais que te plaindre.
Car si tu étais sourde, j'aurais besoin de ce que tu dis.
Et si tu étais muette, j'aurais besoin de ce que tu vois
Et si tu étais aveugle, je voudrais quand même te voir.
Tu es à mes côtés, comme une sentinelle :
Le long chemin n'est pas à moitié parcouru
Pense à l'obscurité dans laquelle nous sommes encore !
De même aucun « laisse-moi, car je suis blessée » !
Aucun « quelque part » mais seulement un « ici ».
Le service n'est pas supprimé, seulement ajourné.
Tu le sais : Qui devient nécessaire n'est pas libre.
Mais moi j'ai besoin de toi, quoi qu'il arrive
Je dis je et pourrais dire aussi nous.
ndt : en allemand, les attributs et pp ne s'accordant pas, on peut librement interpréter à qui ils se rapportent, femme ou homme. Je les ai traduits au féminin car le sonnet est adressé à une compagne d'exil -Margarete Steffin- qui souffrait de tuberculose.
Source : https://www.inhaltsangabe.de/autoren/brecht/
Posté à 11h54 le 13 févr. 25
En mars 63 l’Oulipien Jacques Bens renversa la table en inventant le Sonnet irrationnel.
De sa plume, voici un des tous premiers :
Posté à 12h30 le 13 févr. 25
Au 19ème siècle, on trouve des sonnets inversés, c’est-à-dire d’abord les tercets, ensuite les quatrains, surtout chez des poètes « fantaisistes » à vrai dire.
Maurice Donnay ayant écrit un pastiche du fameux sonnet d’Arvers (de manière plutôt « classique », et utilisant les mêmes rimes mais inversant le sens ; il précisait en exergue « J’ai refait le sonnet d’Arvers / A l’envers » ; sonnet qu’il avait intitulé « Lamento du trompé »), j’ai commis un pastiche du pastiche, que j’ai comme de juste intitulé « Confiteor du trompeur », en inversant l’ordre des vers et des rimes, ce qui… donnay (je ne fournis pas le paracétamol) :
Confiteor du trompeur
(Et moi, je l’ai refait doublement à l’envers).
Puisqu’il faut parler net, ne le répétez pas,
Mais sans imaginer du tout me moquer d’elle,
Je crains d’avoir été quelquefois infidèle.
Il est vrai que, dès lors que l’écho de ses pas
Dans notre escalier ne se faisait plus entendre,
Avec bien des souris je me suis montré tendre.
Dans ma chambrette, j’ai souventes fois reçu
Des belles, que j’aimais sur la couette ou par terre ;
Puis je feignais d’avoir joué au solitaire
Ou au taquin, pour mieux passer inaperçu.
L’a-t-elle su, ou bien ne l’a-t-elle pas su,
Et si elle l’a su, a-t-elle su le taire ?
Effroyable soupçon, en un moment conçu !
Qui le sait, qui le tait, boul’ de gomme et mystère.
Posté à 14h11 le 13 févr. 25
Merci Messieurs pour vos participations-
J'ai voulu, en toute modestie, sortir ce post de Jim de l'ataraxie pour lui offrir de quoi lire, s'il en a la force, le temps de recouvrer la santé.
Sa compagne m'a informée qu'il traverse une mauvaise passe en ce moment.
Sachant qu'il s'intéresse à la culture outre-rhénane, j'espère qu'il pourra apprécier les poèmes d'auteurs plus ou moins connus que je compte poster ici, traduits par mes soins en respectant l'exactitude du sens plutôt que l'architecture de l'ouvrage.
Il comprendra.
Courage, Jim
Posté à 12h09 le 14 févr. 25
Il faut être inscrit et connecté pour répondre à un topic.