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Conte de Noël

Par : Peirelosastre

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Peirelosastre

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Un conte de Noël

Les étoiles scintillantes avaient attaché dans la voûte céleste des myriades de grelots, la Polaire dansait au dessus de la Grande Ourse, regardant d’un air narquois les chiens de chasse qui essayaient de caresser la chevelure de Bérénice, pendant que Persée flirtait avec Andromède.
Triste et songeur, je contemplais ces nébuleuses dans la douceur trop tiède d’un soir de Noël. Pas un nuage dans ce ciel constellé et les flocons de neige absents me ramenèrent très vite à la dure réalité. A mille moles de tout lieu habité, je rêvais aux confins du désert algérien où ne fleurissent jamais les roses rouges aux pétales odorants.
Cette nuit différait des autres derrière les vagues écumeuses de la Méditerrané, la fête aux sapins illuminés devait battre son plein, ici, dans nos têtes trottaient des idées de retour et de paix, mais hélas on ne parlait que de guerre…
Une larme roula sur ma joue en pensant à tous mes êtres chers, ce lieu ne me rappelait en rien mon paysage languedocien.
Je me suis assis sur l’herbe rase, effarouchant les gerboises sautillantes et sur un fond de ciel d’un bleu trop dense se découpaient les silhouettes armées de deux sentinelles. Je me retrouvais alors seul à seul avec mon cœur qui récitait tout doucement quelques pages du Petit Prince de Saint Exupéry, mêlées à des passages de la poésie de Rudyard Kipling « Tu seras un homme, mon fils ».Ma course littéraire vagabonde m’amena ensuite à me remémorer « Les fils de lumière » de Peyrefitte et quelques livres prêtés par mon oncle, livres qui me parlaient d’un monde meilleur et plus éclairé et d’une société où les mots Liberté-Egalité-Fraternité s’inscrivaient en lettre d’or. Etrangement, en cette nuit de la nativité, sue cette terre sans église ne s’égrena point le joyeux carillon de minuit, mais trois coups résonnèrent dans ma poitrine, comme une invitation.
Trois coups qui m’appelèrent ensuite à frapper maladroitement à une porte où l’on m’accueillit en frère pour m’apprendre à dégrossir la pierre brute, en oubliant tous les métaux à l’extérieur.
Mon esprit s’était ouvert en cette nuit du 25 décembre à la vraie lumière, et voilà pourquoi aujourd’hui, je regarde autour de moi, entouré de sœurs et de frères et dans une vision quelque peu utopique, je songe à une chaîne d’union encerclant le monde, dans la plus parfaite réconciliation de tous les peuples.
Ce n’était qu’un soir de Noël, triste et merveilleux, dans un djebel de cette terre d’Algérie. Mais je crois encore aux rêves… Que ce soient mes meilleurs vœux pour l’an qui vient.

Robert Galinier

Posté à 09h45 le 06 déc. 21

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