Merci de vos lectures et commentaires, Arielle & PierreL.
Ici, par ma bouche, ou ma plume, le locuteur qui s'exprime n'est autre que le sapiens. Il parle d'une chose non nommée, mais caractérisée par son genre féminin, et le fait qu'on n'en sache son origine, divine ou humaine. Il ne peut que se soumettre à celle-ci, du moins tant qu'il n'active pas ses neurones... Il distingue donc la Loi de la nature, de celle qu'il met en place pour sa sauvegarde et la gestion des affaires courantes, en la Cité qu'il construit.
Ce distinguo fut établi très tôt chez nos lointains parents, on en trouve trace dans les légendes et la philosophie, par exemple Socrate qui raille ceux qui prétendent causer de ce sur quoi ils ne peuvent agir (les sophistes - les cabinets conseil d'alors), se contentant quant à lui de parler de ce qui lui est accessible, par exemple de la santé observable d'un cheval qu'il désire vendre ou acheter. Savoir ce qui relève de tel ou tel domaine est une tracasserie qui perdure jusqu'à nos jours, on la trouve d'ailleurs traitée par Montesquieu dans son « Esprit des Lois ». On fait baver les têtes blondes, pas toujours charmantes, sur ce thème dit du rapport nature/culture.
« Sauvage » désigne ce qui est hors murs, autrement dit hors de la loi de la Cité. Cette opposition est aussi celle régnant entre l'économie et l'écologie, la gestion de la maison-cité (éco) du point de vue de nos artifices (nomos), et celle du point de vue de la nature (logos). Le but ultime de quelques allumés étant de se libérer du joug des lois naturelles, à savoir que le grave – le lourd – chute vers le centre de la Terre, désirant plonger dans le giron de sa maman Gaïa, tandis que le léger vise la sphère des fixes, règne de l'incorruption.