La poésie sur internet
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Par : Clementcheylan
Présentation :
Nous allons par ce texte distinguer pouvoir et puissance, le moi et le soi, et la dépendance et la liberté.
Texte :
Il était une fois, il y a bien longtemps, dans un pays d’Orient, un homme pauvre nommé Kiran, il arpentait dans la nuit les rues de la ville à la recherche d’objets à récupérer. Une patrouille de surveillance l’interpella.
- Homme, qui es-tu ?
- Je n’ai pas à te le dire, répondit Kiran car je suis bien au-dessus de toi.
Les patrouilleurs allèrent chercher leur chef. Il posa à Kiran la même question, et reçut la même réponse.
- Je n’ai pas à te le dire car je suis bien au-dessus de toi.
Le chef des patrouilleurs emmena l’homme à son supérieur qui l’emmena lui-même à son supérieur, et ainsi de suite jusqu’à ce que Kiran se trouve face au roi du pays. Le roi lui demanda,
- Homme, qui es-tu ?
- Je n’ai pas à te le dire, répondit Kiran car je suis bien au-dessus de toi !
- Au-dessus de moi, répondit le roi, il y a Dieu ! Mais je n’ai pas l’intention de le déranger pour toi .
- Ce n’est pas la peine, répondit Kiran car je suis bien au-dessus de lui !
- Ceci est impossible rétorqua le roi, au-dessus de Dieu il y a rien !
Kiran regarda longuement le roi et dit,
- mais moi je suis rien.
L’histoire originelle nous mène jusqu’à Dieu, mais pour ne point créer de zizanie nous la ferons s’arrêter au roi.
Nous pouvons distinguer deux mondes. Celui de la hiérarchie et celui de l’autonomie .
On pourrait considérer dans un premier temps que le pouvoir de la hiérarchie s’exerce sur Kiran, cependant il se place toujours comme étant au-dessus de chacun. Il est indépendant, libre, sans Dieu ni maître en quelque sorte.
Le pouvoir d’un chef n’émane pas de lui-même, il le reçoit de son supérieur. Le pouvoir ruisselle en cascade sur les hommes comme de l’eau jetée du haut d’un escalier. De marches en marches se distribuent ordres et obéissances, et cela souvent en faisant l’économie de la responsabilité, de la culpabilité.
Kiran lui, n’a pas de pouvoir sur les autres, mais a le pouvoir de lui sur lui qui est le plus grand des pouvoirs.
Le pouvoir de soi sur soi procure la puissance, alors que le pouvoir de soi sur l’autre est bien souvent révélateur d’un manque de confiance en soi, d’une incapacité à se réaliser.
Les patrouilleurs sont dans le moi psychanalytique, Kiran lui, est dans le soi philosophique.
Retenons que le pouvoir est bien souvent le moyen de dominer l’autre, et la puissance le moyen de s’accroître, de s’épanouir et éventuellement d’aider. Kiran est hors d’une lignée hiérarchique, il a cette puissance d’être qui se suffit à elle-même et lui permet de s’accomplir.
Tenter d’avoir le pouvoir de soi sur soi, c’est tenter d’être libre, d’être puissance en acte.
« Si tu veux me suivre, disait Nietzsche, ne me suis pas. »
Voilà.
Posté à 13h08 le 01 juin 22
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