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Traité de versification

Par : Rickways

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Rickways

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Modérateur

Afin de permettre à tout à chacun de découvrir la poésie sous toutes ses formes, je viens de rédiger un petit traité de versification, sans aucune prétention.

Celui-ci se destine à expliquer simplement l'art poétique, et à en comprendre toute sa richesse.

Cette section se veut évolutive, et vous pouvez si vous le souhaitez proposer des modifications, des améliorations, qui nous permettront de peaufiner ce lieu.

Merci à tous pour votre lecture et vos retours

https://lespoetes.net/traite.php

Posté à 10h52 le 24 janv. 25

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Ggabrielle

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Désolé,
Dans/ son/ oeil/, ciel/
li/vi/de où/ ger/me/ l'ou/ra/gan


Je trouve ça disgracieux.

Vittorio, c'est que mon ressenti



Ce message a été édité - le 25-01-2025 à 07:43 par Ggabrielle

Posté à 15h33 le 24 janv. 25

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Wawa

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Bonjour,

Un grand bravo Eric pour la rédaction de ce traité de versification.
C'est bien que ce site s'enrichisse ainsi.
Je crois qu'il sera utile aux débutants mais aussi aux plus confirmés en cas d'hésitation !
Il me semble complet et aller à l'essentiel.
Je trouve notamment les premières définitions générales sur la poésie très intéressantes.
Merci pour ta démarche et je suppose que certains peuvent toujours préciser ou compléter des choses s'ils trouvent à redire...
Amitiés. Coucou

Posté à 09h54 le 25 janv. 25

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Rickways

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Merci pour vos retours.

Ggabrielle, quelle est le but de ta remarque ? une erreur à modifier ?

Merci de rester dans le sujet, et donc de proposer des modifications, des améliorations (s'il y a lieu d'être), basées sur le principe de la versification et non du goût personnel de tout à chacun.

Cordialement

Posté à 12h07 le 25 janv. 25

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Pierre Lamy

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"Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan" est un des plus beaux vers de la langue française.
Surtout ne le changez pas.

Posté à 12h49 le 25 janv. 25

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CinquiemeVallee

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C'est clair, et bienvenu ici !
Merci Éric!
Ensuite on peut rendre visite aux garages et autres ateliers...Merci Salus, Jim et merci à tous de participer à cette culture de poésie. Salut

Posté à 14h06 le 25 janv. 25

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Ggabrielle

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Bon jour, Rickways.
Pardon ! d’insister.

En ignare (et iconoclaste ?) je souhaitais maladroitement faire une remarque.
Puisqu’il est question de musicalité,
je « lis » avec les yeux et en même temps à haute voix « à l’oreille ».

Dans/ son/ oeil/, ciel/
li/vi/de où/ ger/me/ l'ou/ra/gan

Pour moi, il y conflit entre les deux sons « e » et « ou »

Faudrait-t-il le lire, l’entendre, comme s’il y avait une élision ?

Dans/ son/ oeil/, ciel/
li/vi/d’où/ ger/me/ l'ou/ra/gan
(Quelle horreur !)

Ou comme s’il y avait une virgule ?

Dans/ son/ oeil/, ciel/
li/vi/de, où/ ger/me/ l'ou/ra/gan
(Adieu les pieds !)

Qu’on éclaire (!) mon ouïe.
S'il vous plaît.
Merci.
Vittorio, j’écoute quand je lis



Ce message a été édité - le 25-01-2025 à 15:02 par Ggabrielle

Posté à 14h59 le 25 janv. 25

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Lau

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Iconoclaster Baudelaire ? Il faut te lever de bonne heure...


Dansonoeilciellividoùgermel'ouragan avec un accent long sur la syllabe 'vi' de livide.

Autre vers de la même "passante" où (passantou) l'on retrouve le même type de liaison :

Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,



Posté à 17h49 le 25 janv. 25

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Assonance

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Bonsoir Rick,

Très bonne idée de mettre cela sur le site, cela sera très utile pour certains, dont je fais partie.

Une petite suggestion: mettre un exemple des schémas de rime pour les différentes formes de poésie.

L'exemple ABBA ABBA CCD EED pour le sonnet, à développer pour les autres pour éclaircir les formes, pour un novice.

Quand j'écris de nouvelles choses, j'aime avoir le petit mémo du schéma pour ne pas m'y perdre, et avec les formes à "refrains" cela serait utile je pense.

Merci encore pour cette initiative pleine de bon sens Rick,

Bon week-end.

Posté à 18h16 le 25 janv. 25

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Lau

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Et merci pour ce topo auquel je me permets d'ajouter ceci en reprenant :

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
(premier vers de "A une passante" de Baudelaire).

Ce vers illustre la règle classique qui dicte de faire suivre un mot terminé par un "e" muet (ici rue) d'un mot commençant par une voyelle (ici "assourdissante") ou commençant par un "h" muet.

Liste des mots commençant par un "h" aspiré ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/H_aspir%C3%A9_en_fran%C3%A7ais




Ce message a été édité - le 25-01-2025 à 18:22 par Lau

Posté à 18h20 le 25 janv. 25

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Ggabrielle

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Merci, Lau.
Je constate que dans
Dansonoeilciellividoùgermel'ouragan
le « e » a disparu et que le tout se prononce, donc
comme dans ma première hypothèse.

Dans/ son/ oeil/, ciel/
li/vi/d’où/ ger/me/ l'ou/ra/gan
Dans laquelle seule l’apostrophe est superflue.

J’avais donc, peut-être, mal interprété la règle.
(classique, qui « dicte »?)

• Un "e" en fin de vers ne se prononce jamais (qu'il s'écrive "e", "ent" ou "es") …

A l'intérieur d'un vers, un mot se finissant par un "e" se lie avec le mot suivant s'il commence par une voyelle ou un "h" muet ...

Vittorio, jeandarc

N.B. ÉLISION. n. f.. T. de Grammaire. Suppression d'une voyelle finale devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette. CNRTL (Souligné par moi)

P.S. (avec un accent long sur la syllabe 'vi' de livide). Ça change quoi ?




Ce message a été édité - le 25-01-2025 à 21:58 par Ggabrielle

Posté à 21h54 le 25 janv. 25

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Lau

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...La scansion (bien que l'oralisation en francais ait perdu les accents toniques) ; ça t'évitera d'entendre un 'lividou' net et franc qui semble t'agresser le tympan ; moi, je trouve ça plutôt... doux.

Posté à 07h46 le 26 janv. 25

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Arielle

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Parmi tant d'autres, une judicieuse initiative de notre webmaster dont chacun peut tirer profit en appronfondissant les règles de base, pour les plus expérimentés.
J'en vois un exemple probant dans l'échange entre Ggabrielle et Lau au sujet de la scansion. Merci Eric !

Posté à 10h45 le 26 janv. 25

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Jim

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On peut toujours essayer de corriger Baudelaire, mais il faut savoir, que même d'où il est, il vous attend ! Lui qui ne tolérait pas qu'un éditeur lui suggère de déplacer une virgule...

Un vers isolé se doit d'être beau (sans trop préciser ce que j'entends par là ; j'y reviendrai ailleurs et plus tard). Mais une strophe se le doit aussi, ce qui mène à considérer la façon dont s'insère un vers entre deux autres. Cette interaction entre les vers n'en fait que rehausser la fameuse beauté. Ainsi, dans ce poème « La passante »,on peut lire :

« Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. »

Le premier vers est remarquable par sa construction rythmique, à savoir, un premier hémistiche haché par trois accents toniques sur six syllabes, le second produisant un effet de libération avec six syllabes à la volée, ne disposant que d'un accent tonique à la fin. Au lieu de simplement décrire ce qu'il fait, il met en attente en faisant grimper la tension, puis, au lieu de conclure, le poète précise dans le vers suivant ce qu'il voit et où il le voit, par une métaphore. Si dans son premier hémistiche, sa structure rythmique est standard en 3/3, le suivant maintient l'effet de tension par la structure rythmique en 2/4, c'est à dire en contractant les deux premières syllabes puis détendant la fin du vers par quatre syllabes. Alors, et seulement alors, il conclut par un vers équilibré à la manière des plus classiques, disons Corneille... Dans ce dernier vers, le premier hémistiche est en 3/3, ce qui traduit un apaisement, tandis que le second possède un aspect conclusif par sa structure en 4/2, on en ressent la fermeture.

Précision sur le vers interrogé « Dans son œil... »
Pour avoir une vision plus claire de la structure d'un vers, il faut repérer les accents toniques. Tout hémistiche (ou segment de vers – je reviendrai là-dessus plus tard et ailleurs)) s'achève par un accent tonique. Ainsi, le mot « livide » conclut ce premier hémistiche par la syllabe « vi » laquelle supporte cet accent tonique terminal. Conséquence, le « -de » appartient à l'hémistiche suivant. Parce qu'il supporte cet accent tonique terminal, la syllabe doit être mise en relief par rapport aux autres, par haussement de ton, allongement de la voyelle ou pause marquée puisqu'ici, de surcroît, se place la césure (qui exige une pause plus forte que les autres).
Il est difficile de lire et savourer un poème en ignorant la scansion, d'autant plus que c'est un art lyrique; alors, chanter sans souffle...



Ce message a été édité - le 26-01-2025 à 18:21 par Jim

Posté à 18h15 le 26 janv. 25

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Tontonjacques

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En gros, ça me paraît juste, et d’ailleurs généralement « déjà lu » ailleurs. Quelques remarques toutefois :

- dans le titre, il faudrait préciser « versification française », car dans d’autres langues les règles ne sont pas exactement les mêmes. Le russe par exemple accorde beaucoup plus d’importance au rythme, un peu moins aux rimes.
- la confusion entre « syllabe » et « pied », pour les francophones, est quasi générale, du fait que notre poésie n’est pas « rythmique » et n’utilise donc généralement pas les divers types de pieds, comme en latin ou en russe (un anapeste, par exemple, est un « pied », qui fait 3 syllabes : ta da DAM).
- l’exemple de « poème  composé de 2 strophes » m’a laissé perplexe : quel intérêt ? (surtout avec un texte pareil).
- à propos de la césure, il pourrait être utile de noter que l’alexandrin peut suivre aussi un rythme ternaire (4 + 4 + 4), même si ce n’est pas classique.
- mais surtout, pour le décasyllabe, il faudrait indiquer qu’il suit, soit un rythme 4 + 6 (le plus courant), soit 5 + 5.
- pour le haïku : non hélas, il n’est pas composé de 3 « vers », mais d’un seul vers découpé en 3 séquences. Et SURTOUT pas, donc, de majuscules au début des séquences 2 et 3 (pour la première, ça se discute).
- et de plus, c’est « furu ike ya », et pas « furui ike ya »
- l’ïambe serait une forme poétique ? Me voilà surpris, j’avais toujours considéré que c’était un type de pied (ta DAM)
- l’exemple de « synérèse » (Hugo) m’a laissé perplexe aussi : où est la synérèse ?

D’une façon générale, c’est quand même assez juste et bien organisé, mais un peu « scolaire » à mon avis ; il faudrait davantage de (bons) exemples, ou au moins des liens vers des exemples, pour permettre au lecteur de mieux « ressentir » la chose.

Posté à 10h46 le 27 janv. 25

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