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[Autre texte long]Le style « cucul-la-praline »

Par : Tontonjacques

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Tontonjacques

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J’ai appris cette expression au lycée, de la part d’un camarade qui venait de lire un de mes premiers poèmes (calqué, pour la forme, sur un poème de Ronsard que nous avions étudié en classe). Sur le coup, j’avais été passablement vexé, mais avec le recul, je trouve qu’il n’avait pas tout à fait tort.

Qu’est-ce que le cucul-la-praline ? (il existe différentes versions du terme, et différentes orthographes aussi, Colette par exemple a utilisé « cucu »). Internet nous renseigne facilement : ça veut dire bébête, niais, mièvre etc, bref l’une des choses qu’il vaut mieux éviter quand on écrit, et notamment de la poésie. Je laisse la parole à Nicolas Lafarge, qui sur le site www.lalanguefrancaise.com/ explique bien la chose :

« L’expression « cucul la praline » (parfois raccourcie en « cucul ») est généralement associée à quelqu’un (ou quelque chose) de naïf ou de sot, témoignant d’une attitude enfantine, voire ridicule. Il évoque une innocence ou une candeur exagérée, tant et si bien qu’elle en devient risible, et en décalage avec le contexte qui l’entoure.

Par extension, cette mièvrerie renvoie aussi à une forme de bêtise : l’expression « cucul la praline » désigne une certaine simplicité d’esprit, un comportement immature, ou une pensée dénuée de complexité. »


Eh bien voilà, vous savez (presque) tout. Mais comment produire de la poésie mièvre ?

- par le vocabulaire : il faut impérativement faire grand usage de mots « précieux », positifs, « jolis » : or, argent, diamant, chatoyant, amour, ou pire encore : merveilleux, admirable, adorable, superbe. Il vaut toujours mieux suggérer que dire.

- mais le fond doit être à l’unisson : il doit lui aussi être 100 % « positif », bien consensuel, bien attendu, sans un milligramme de prise de distance, encore moins d’ironie ou même d’originalité. Par exemple : la guerre, c’est mal. Wow ! ça valait la peine d’écrire un poème pour dire ça, on n’y aurait jamais pensé tout seul.

Allez, au boulot, essayons d’écrire un poème qui soit bien « cucul la praline ». Thème : le printemps.

Quel bonheur, c’est le printemps !
Les oiseaux chantent, le soleil brille,
Les arbres reverdissent
La nature est en fête
Et mon cœur aussi
Quel merveilleux tableau
Les oiseaux font des trémolos.

Moi, j’aime bien le printemps
C’est la saison la plus jolie :
Avec toutes ses belles fleurs
Qui réjouissent mon cœur
Et chantent le Créateur :
Quel bonheur !


(je me suis donné du mal pour la rime, là, mais continuez vous-même, moi ça me fatigue).

C’est le genre de poésie qui récoltera automatiquement des tonnes de « likes » sur les réseaux sociaux : ne faut-il pas être « bienveillant » ? (quitte à se faire bien arnaquer par les « brouteurs » d’Abidjan, au nom des bons sentiments).

Bon, ça ne veut pas dire non plus qu’il faut en prendre l’exact contre-pied, et tomber dans l’excès inverse. Un peu de jugeote, bon sang !

Posté à 10h28 le 01 déc. 25

Édité à 10h36 le 01 déc. 25 par Tontonjacques

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Pierre Lamy

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Quelle horreur, c’est l’hiver !
Les oiseaux se sont tus,
Le soleil a disparu
Les arbres sont nus
La nature est triste
Et mon cœur aussi
Quel tableau sinistre

Moi, je déteste l’hiver
C’est la saison la plus moche :
Ça me déchire le cœur
Cette erreur du Créateur :
Quelle horreur !

Posté à 12h27 le 01 déc. 25

Édité à 14h11 le 01 déc. 25 par Pierrelamy

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Tontonjacques

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Adieu les beaux jours, c'est l'automne,
Il fait du vent, il pleut, il tonne...
Quel vilain temps ! je suis déçu,
Et ce poème est tout tordu.

Posté à 14h45 le 01 déc. 25

Édité à 14h45 le 01 déc. 25 par Tontonjacques

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Pierre Lamy

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C'est toujours du pareil au même,
Personne ne m'aime,
Pourtant je ne suis pas méchant.

Je ne fais de mal à personne.

J'adore des oiseaux le chant.
Je puis bricoler un poème.
Il suffit d'en avoir le thème.
J'aime bien le soleil couchant.

Je ne fais de mal à personne.

J'ai fait quelques vers sur l'automne,
En casant le mot "monotone".
Mais les gens l'on trouvé cucul.
J'espérais tant que ça cartonne
Et j'en suis tombé sur le cul.

Posté à 15h21 le 01 déc. 25

Édité à 15h32 le 01 déc. 25 par Pierrelamy

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Jim

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QQ le praliné, c'est aussi celui qui enfonce les portes ouvertes, se délecte des lieux où tout le monde va, et ne rate jamais avec son Nikon de prendre quelques clichés.
Ce terme traduit aussi une certaine gentillesse : "il est gentil, c'est un brave garçon, il est mignon (id. au féminin), etc. Il y a un côté cartes postales de vacances pour papy et mamy... J'aime bien papy et mamy, ils sont gentils et ils m'aiment aussi... and so and so. Bref, me méfierai moins de lui que de son cousin le faux-Q.
Faire simple sans tomber dans le simplisme, faire un peu futé sans chuter dans l'abscons.

Posté à 20h42 le 01 déc. 25

Édité à 20h52 le 01 déc. 25 par Jim

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