Rivière

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Tontonjacques

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Sous les jeunes rameaux qui, subtils, se balancent,
L’eau vive fait ouïr son murmure berceur.
Ce ru qui au hasard mène sa nonchalance
Pour l’âme a les vertus sages d’un guérisseur.

Ce modeste cours d’eau n’égale pas le Rhône :
Il trace dans les prés son sillon argenté
Et serpente, enjoué, sans hâte, entre les aulnes,
Sans souci, sans projet, sinon de serpenter.

Un vieux pêcheur taiseux, près d’une cascatelle,
Songe, l’orteil à l’air et la visière au front ;
Sur l’herbe rejetée, une brème pantèle,
Promise, résignée, au beurre et au citron.

Mais plus loin, la rivière en fredonnant sinue,
Insensible au péril dormant des hameçons.
Elle poursuit son cours, secrète et inconnue,
Pleine de galets blancs et de libres poissons.
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Pierre Lamy

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Très chouette, surtout les strophes 2 & 3

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Tontonjacques

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Merci !
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Evemarie

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Je la reconnais, c'est la rivière de mon enfance, Tonton.
Bravo pour le style.
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Arielle

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"Sans souci, sans projet, sinon de serpenter" et de nous réjouir parmi le cresson bleu ... une jolie goulée d'air frais !
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Tontonjacques

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Oui, je suis assez content de cette reprise du verbe "serpenter", je suis sûr que ça a un nom savant en rhétorique, mais sur le moment, il m'échappe...
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Jim

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Ben, grâce à tous les principes réformés par les théorichiens du quartier, ton poèmezatoa, tonton, il est bô !
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Tontonjacques

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J’ai trouvé ! (enfin, Copilot a trouvé) : c’est l’épanadiplose. Ça vous en bouche un coin, hein ? Et du coup, ça m’inscrit dans la lignée des Tacite, Malherbe (« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses »), Hugo (tant qu’à faire), Bernanos, Cocteau, Cesbron, voire Du Bellay ou Apollinaire, excusez du peu, mais j’abrège pour ne pas vous indisposer. Je tâcherai de me souvenir du mot en tout cas.

Et ce n'est pas tout ! Je commets aussi des "zeugmes sémantiques", comme me l'explique, une fois encore, Copilot :

"Dans :
« l’orteil à l’air et la visière au front »
…le verbe implicite (avoir / être) régit deux compléments qui n’appartiennent pas au même registre logique :
- l’orteil à l’air → état corporel, concret
- la visière au front → position d’un accessoire, relation spatiale
Le lien syntaxique est unique, mais les deux termes qu’il coordonne relèvent de plans sémantiques différents.
C’est exactement ce qu’on appelle un zeugma sémantique (ou « attelage » dans la tradition française)."

Je me sens de plus en plus intelligent... Merci à l'IA, qui sait m'expliquer tout cela clairement et simplement.