« Qui donc peut se targuer d’avoir reçu pour don
De savoir déclamer sans paraître dindon ?
Excusez-moi, Dandies, avez-vous la réponse
A cette question qu’ici je vous annonce ? »
Ainsi parla le loup qui sortait de son bois
Pour mettre un doux troupeau dans d’injustes abois.
La faune en rangs d'oignons d'une attentive oreille
Fit mine d’écouter d'alerte sans pareille.
Comment faire concorde avec tout un bétail
Qui se fâche aussitôt pour le moindre détail ?
Hé bien il vous suffit d’avoir une baguette
Pour mener tout son monde à venir en goguette.
« Je veux parler d’abord ! » ânonne un tendre agneau
Qui brandit vaillamment un cartonné panneau.
La Nature est à tous, et donc à chaque bête
Qui peut lors s’abreuver sans qu’on trouble sa fête.
Qui se prend pour un Dieu en empêchant cela
En hurlant, à l’encan, dans un sot tralala ?
Je connais un Patou qui prendra ma défense
Si je peux le payer d’une humaine dépense.
Sur un arbre perché se prépare un corbeau
Tout de noir revêtu, ce qui là le rend beau.
« Faut-il à cet instant faire tout un fromage
Pour savoir qui de nous se mérite un hommage ?
Voyez ce camembert que je tiens en mon bec
J’en perdis un pareil, suite à salamalec.
Alors écoutez-moi et fermez votre gueule
En faisant sans faillir la candide bégueule. »
Un patent philosophe en habit d’immortel
Passant nonchalamment devant ce bel autel
Osa donner l’avis d’une vision humaine :
La faune est comme l’homme en son triste domaine.
Posté à 17h05 le 02 févr. 26