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La montagne
par Antigone


Elle est née du chaos, tourbillon délétère, De la cendre et du feu jaillissant des volcans, Ou de la facétie des courroux de la terre Sa genèse est la foudre et son père un Titan ! Sur son plus haut sommet, un aigle a fait son nid Et son trône, là-haut, est ingrat et austère, Le silence s’émeut et l’écho n’y survit Qu’en écoutant la bise exulter de colère. Dominant les vallées où les chemins s’emmêlent, D’orage en arc-en-ciel, en soleils triomphants, Auréolée de nues, de flocons éternels, Elle est loin des embruns dépeignés par le vent. Sarcophage immobile édifié par les dieux Et dont la majesté interdit les nuages, Dans un mutisme froid, ses cimes font aux cieux Cet étrange ballet qu’on dirait un mirage. Les rochers sont un gage à sa sérénité Dans sa Tour de Babel, touchant le firmament, Qui se rit des « toujours », des « demain », des « avant » Du temps qui va et vient dans son éternité. (c) extrait de LES FUGUES DU TEMPS



Poème posté le 08/04/12


 Poète
Antigone



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